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 la promesse de l'aube (ft goth et les chatons)

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MessageSujet: la promesse de l'aube (ft goth et les chatons)   Lun 10 Oct 2016 - 14:26


LA PROMESSE DE L'AUBE

▲ caprice de la sirène


Elle avait tant voué d'énergie. Tant de larmes et d'insultes inutiles. Elle l'avait détesté plus que quiconque, et dieu sait qu'elle en avait haït bon nombre. Ça l'avait rongé, ça l'avait miné jusqu'à la démence. La belle dame s'était détestée d'être ainsi. Elle avait causé ses plus grandes crises de nerfs, ses délires les plus destructeurs. On lui avait même donné son nom de guerrière en hommage à ces sautes d'humeurs, dont elle n'avait rien demandé : Caprice de la Sirène. Quelle ironie lorsqu'on sait qu'au fond elle n'était rien de ça.
Puis, elle l'avait rencontré, lui, cet ami qui était devenu amant. Cet ami qui avait fait l'effet d'un baume apaisant, un cataplasme narcotique. Elle l'avait aimé si profondément que sa rancœur s'en était trouvée amoindrie, relayée au second plan. Et ils en avaient vu du paysage, des vertes et des pas mûres, ils en avaient passé des embûches.
Elle l'aime. Mais elle a peur, peur du secret que recèle son ventre, peur d'être mère, terrorisée à l'idée de ressembler ne serait – ce qu'un instant à sa génitrice. Souhait des Coccinelles, vieille peau, mère indigne jusqu’au bout des cils, tu ne mérites pas une seule de ses larmes.

Dame Colère serra les dents, rongée d'angoisse, rongée de rage. Ses grands yeux étaient ouverts, son pouls plus rapide qu’à l’accoutumé, ses flancs se soulevant avec une irrégularité déconcertante, la tigrée fixait d’un air absent la terre où traînaient encore des brins de vase et une ou deux algues. La tempête n’avait pas épargnée le camp ; la rivière était sortie de son lit, submergeant l’îlot, vomissant nombreux détritus, rasant les tanières et emportant les corps sans vie des Riverains que le Clan, dans sa hâte, n’avait pu pleurer. Leur périple avait été des plus pénible, sans parler des jours durant lesquels les quatre clans avaient du cohabiter ainsi que la découverte de la Horde, tribu des Hautes Pierres. Sans parler, aussi, de sa gestation plus ou moins secrète, plus ou moins refoulée. La lieutenante baissa son regard sur son ventre crème. Depuis leur retour au camp, quelques jours plus tôt, elle les sentait plus que jamais. Sa petite bedaine avait désormais la forme rebondie que toute reine gestante se voit porter, un jour ou l’autre. Malgré tout, ses cotes saillaient, son regard avait perdu de son éclat et elle néglige ait sa toilette. Étoile des Ronces, pas dupe, lui avait, dès leur arrivé au camp, imposé la pouponnière et le repos. Chose qui ne manquait pas d’agacer la tigrée, elle avait beau être dans cet état, elle demeurait un boule de nerfs et d’action.
Se retournant dans sa litière, elle réprima un grondement. La lieutenante aurait tout donné pour se lever et aider les autres dans la reconstruction du camp. Ici, elle se sentait inutile, tout juste bonne à somnoler entre deux vagues de douleurs. La demoiselle soupira, lorgnant d’un œil morne les guerriers et apprentis qui s’affairaient de toutes parts autour des tanières, ce après avoir pris leurs directives auprès d’elle et du meneur gris.
Il sembla qu’elle s’était assoupie car lorsqu’elle rouvrit les yeux des brins de pailles parsemaient sa fourrure et la lumière au dehors se faisait plus vive, les ombres plates, le soleil devait être à son zénith. Elle cilla. Les plumes sous son ventre lui paraissaient curieusement humides. Un coup d’œil au dehors. Pas la moindre trace de pluie. Caprice de la Sirène fronça les sourcils et se releva pour tenter de comprendre. Son regard se brouilla un instant et une douleur fulgurante lui transperça les flancs. Une tâche de sang maculait le duvet cotonneux et blanc de son lit. La lieutenante se pétrifia, son esprit engourdit comprenant doucement ce qui était entrain de se passer.

« Non … c’est trop tôt … je … »

S’étrangla – t – elle, coupée par une nouvelle douleur, plus forte cette fois. Une contraction. Vite, trouver Cascade Silencieuse cria sa conscience. Un spasme.
Avec ce qui lui restait de calme et de maîtrise d’elle-même, Caprice de la Sirène tituba hors de la pouponnière et se dirigea, cahin-caha vers le bosquet où Cascade Silencieuse et son apprenti soignaient les malades et blessés du clan. Une contraction, un hoquet de douleur, la vue qui se brouille. Elle avait peur, chaud et froid, pire encore, elle était en colère et une aura d’agressivité emplissait tout son être. Elle déboula malgré tout dans l’abri, tremblotante sur ses pattes, agitée de tremblements incontrôlables et douloureux.

« Mes chatons arrivent. »

Souffla – t – elle d’une voix rauque avant de se laisser choisir sur le sable blanc, l’œil un peu fou, le poil hérissé, la pupille dilatée. Dame Colère revoyait son enfance saccagée. Elle revoyait ce spectre de mère, et la trace de ses larmes dans la terre sèche. Elle ne voulait pas d’enfants, pourquoi donc était – elle ici ? Elle ne voulait pas rater leur enfance à eux aussi, leur épargner cette souffrance, cette rancœur qui fait des plus belles âmes de vulgaires chiffons. Elle ferma les yeux très fort, tentant de s’accrocher à une réalité apaisante, réconfortante. Un visage gris aux grands yeux nuits lui apparut distinctement, flottant au dessus de la mer déchaînée de ses délires insensés. Et lentement, elle se détendit.

Finalement, elle sera toujours une étrangère à elle-même, errant quelque part entre dégoût, colère et béatitude.

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MessageSujet: Re: la promesse de l'aube (ft goth et les chatons)   Sam 22 Oct 2016 - 18:09

LA PROMESSE DE L'AUBE
Letdowns will get you, and the critics will test you
But the strong will survive, another scar may bless you
separateur de texte
La fatigue s’emparait d’elle, profonde et totale. Elle la sentait dans la moelle de ses os, dans ses muscles las et ses paupières tombantes. Il y avait tant à faire et pourtant… Pourtant, elle ne sentait que l’envie foncière de se rouler en boule, de se fermer au monde extérieur et de dormir. Dormir une vraie nuit de sommeil, ininterrompue par les bruits du camp, par son propre esprit, traître et inébranlable, qui s’efforçait de la hanter avec des cauchemars, nuit après nuit. Depuis leur retour des Hautes Pierres, il lui semblait n’avoir eu qu’une poignée de nuits tranquilles. Elle somnolait debout, rêvant d’un repos qu’elle ne s’accordait pas. Elle fantasmait d’un lit douillet, d’une chaleur accueillante.

Mais Cascade Silencieuse avait trop à faire pour se laisser aller à ses fantaisies diurnes. Elle sentait son corps protester au moindre mouvement, mais elle se levait, remplissait ses fonctions et s’efforçait de son mieux pour récupérer ce que la saison des feuilles vertes leur avait dérobé. Le retour avait été difficile ; définitivement moins ardu que leur départ précipité et affolé, mais traumatique tout de même. Le voyage avait été long et la scène qui les avait attendu en rentrant chez eux décourageante. Tout semblait à refaire, le camp ayant souffert les caprices de la tempête plus qu’ils ne l’auraient cru. Après la perte de leurs camarades, c’était leur maison qu’ils perdaient de nouveau. Oui, le retour avait été dur. Mais le Clan de la Rivière était résilient, si rien d’autre, et l’effort commun de ses camarades avait donné ses fruits. Déjà, le camp retrouvait peu à peu sa forme habituelle. Et la guérisseuse remplissait sa part, pour retourner à l’état normal.

Tandis que les guerriers et apprentis se dépensaient à reconstruire les barrières et les tanières détruites, Cascade Silencieuse, aidée de Nuage de Velours, traversait le territoire de long en large pour tenter de récupérer toutes ses réserves perdues. Ce qu’elle n’avait pas pu emporter avec elle avait été emporté par l’eau qui avait dévasté le camp entier – la rivière qu’ils aimaient tant se montrait si traitre, parfois.

La tâche était loin d’être facile et l’exténuation qu’elle sentait, lourde et omniprésente, reflétait fidèlement le temps passé à chercher la moindre parcelle d’herbe. C’était un travail frustrant, ingrat – parfois, elle sentait le désespoir la prendre à la gorge lorsqu’elle retournait bredouille à la fin d’une journée de recherche frénétique.  Certaines plantes étaient rares, d’autres ne poussaient plus dans cette saison… Sans compter le dommage que l’orage avait causé sur la flore territoriale. La minette aurait voulu pleurer les pertes, mais elle n’avait pas de temps à perdre.
separateur de texte
Ce jour-là, c’était Nuage de Velours qui était chargé de rapporter, s’il en trouvait, de la tanaisie. Son objectif principal était de récupérer son stock, mais elle s’inquiétait aussi pour le froid qui s’installait désormais sur la forêt. Déjà les arbres se dénudaient. La saison des feuilles mortes s’était emparée de la forêt, ce qui rendait sa recherche encore plus compliquée. Elle craignait déjà l’arrivée des premières neiges, qu’elle sentait la narguer, prêtes à tomber au premier tournant.

Cascade avait décidé de rester au camp – il fallait bien que quelqu’un soit là pour si un malheur arrivait, et elle n’avait tout bonnement plus la force de chercher le territoire de fond en comble pour la moindre racine. Elle était éreintée, se sentait vieille au-delà de son âge et, pour une fois, ne voulait qu’une simple journée de tranquillité.

La matinée s’éternisait – elle avait passé des heures à tout remettre en place, à recompter et à faire des allers-retours entre les différents chats du clan pour s’assurer que tous allaient bien. Elle suivait l’évolution des reines riveraines et déjà quelques cas de toux étaient déjà apparus – rien de grave, pour l’instant, mais elle surveillait des près ses patients.

L’intérieur de sa tanière était sombre lorsqu’elle décida de prendre une pause : la lumière forte de midi l’aveuglait à l’entrée de sa petite cave, mais n’atteignait pas les parties les plus profondes, où elle conservait son matériel. Son estomac avait interrompu ses pensées : la guérisseuse n’avait pas pris le temps de manger à son réveil et elle sentait son corps protester contre l’oubli.  

Elle jeta un coup d’œil autour d’elle – toute chose soit dite, elle n’avait plus grand chose à faire chez elle. Elle ne pouvait que réorganiser ses remèdes qu’un nombre de fois limité avant que la tâche ne devienne futile. Il ne lui restait qu’à attendre le retour de son apprenti et, avec un peu de chance, elle pourrait se reposer pendant l’après-midi. Le camp était relativement calme, après tout.

Décidée à prendre un peu de recul, la minette s’étira langoureusement, peinant à trouver l’énergie pour sortir de sa tanière et chercher de quoi se nourrir. Au moins les poissons étaient toujours aussi abondants dans la rivière –le clan ne finirait pas affamé, en plus de traumatisé.
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Sa léthargie, aussi enracinée qu’elle fut dans ses os, fut néanmoins vite évaporée lorsque l’odeur étouffante de la détresse lui parvint depuis l’entrée de son antre. Avant même de voir qui venait à elle, elle sut que quelque chose se passait. Quand Caprice de la Sirène arriva à peine quelques moments après, l’angoisse déformant son visage, la guérisseuse oublia rapidement sa fatigue.

Il ne lui fallut pas une seconde pour comprendre ce qui se passait – la douleur était évidente dans chacun des traits de la guerrière brune et une légère odeur de sang était désormais perceptible dans l’air, se mélangeant aux arômes des différentes herbes. Cascade Silencieuse savait que ce moment arriverait – elle se préparait depuis des jours pour recevoir les petits de la lieutenante – mais elle avait cru qu’elle aurait un peu plus de temps.

« Mes chatons arrivent. » La voix rocailleuse de la reine ne fit que confirmer le diagnostic de la guérisseuse.  La lieutenante, qui normalement gardait son sang-froid en toute situation (si ce n’est qu’elle laissait souvent connaître son agacement et son ire), semblait un peu dépassée par les événements.   Cascade ne le pouvait pas la blâmer.

Courbatures laissées de côté, la soigneuse se rapprocha rapidement de l’autre chatte pour l’aider à s’avancer jusqu’à un des nids préparés spécialement pour ces occasions et l’incita à se coucher.

 « Allonge-toi sur le côté, Caprice de la Sirène, commanda-t-elle d’une voix douce, tentant de transmettre un peu de sérénité à sa camarade. Je vais vérifier que tout se passe bien. »

D’un geste léger, à peine là, elle posa une patte sur le ventre de la reine et appuya doucement sur différents points. Les premiers accouchements étaient toujours terrifiants – pour les jeunes mères qui n’étaient pas habituées à la douleur, et pour la guérisseuse qui ne pouvait pas prédire comment les faits se dérouleraient. Les pertes étaient fréquentes lors des premières portées (Cascade Silencieuse ne put éviter de penser aux chatons mort-nés de Pluie Torrentielle et un frisson parcourut son échine), mais elle savait garder son calme. C’était son obligation de s’occuper de celle qui était désormais sa patiente, et cela passait par la rassurer et par maintenir un semblant de sérénité.

Ses sa patte tendre, elle sentit les contractions violentes qui assaillaient le corps tremblant de Caprice de la Sirène. Sans doute douloureux, ils n’avaient pourtant rien de réellement inquiétants. Ils rendraient l’expérience plus dure à vivre pour la jeune mère mais des contractions puissantes faciliteraient le travail de la guérisseuse. Un coup d’œil rapide révéla que le saignement n’était que superflu : rien n’inhabituel non plus lors d’une mise à bas.

Elle donna un coup de langue rassurant sur le front de la lieutenante.

 « Ne t’inquiète pas. Tout est normal, murmura-t-elle à son oreille. Sous son œil attentif, elle vit le ventre de la minette se contracter et une grimace traverser son visage.  Je sais que ça fait mal, mais il faut attendre encore un peu. Ils ne tarderont pas. »

D’un pas sûr, elle se dirigea vers les réserves qu’elle avait si soigneusement rangées pendant toute la matinée. Son obsession pour le rangement pouvait semblait irrationnelle, mais il ne lui fallut même pas une seconde avant d’aller chercher exactement ce dont elle avait besoin. Elle prit avec précaution deux feuilles de pissenlit, ainsi qu’un peu de bourrache, soulagée que ces plantes poussent si facilement sur le territoire. Elle n’avait malheureusement pas de thym pour aider la lieutenante à se calmer – mais Caprice de la Sirène était dure et résiliente, et sans doute ne resterait-elle pas longtemps angoissée une fois qu’elle verrait que tout allait bien. Au moins la guérisseuse pouvait apporter un peu de soulagement physique pour l’aider à traverser cette épreuve épuisante.

Elle ramena délicatement son fardeau jusqu’à sa patiente et le déposa devant elle. Au moins Caprice de la Sirène était réveillée, même si elle semblait ne pas être totalement consciente de ses alentours. Son regard était un peu perdu – mais au moins, les yeux étaient ouverts. De nouveau, le fantôme de l’accouchement de Pluie Torrentielle lui traversa l’esprit.

 « Mâche et avale ça, dit-elle en pointant les différentes plantes. Le pissenlit calmera un peu ta douleur et la bourrache t’aidera à nourrir tes petits une fois qu’ils seront nés » expliqua-t-elle avec patiente.

L’autre minette ne semblait pas l’écouter avec attention – ce qui était compréhensibles, aux vues de la situation – mais la guérisseuse réussit à se faire écouter et les remèdes ne tardèrent pas à disparaître. Ils n’avaient pas bon goût, mais ils seraient efficaces. En attendant, Cascade Silencieuse alla chercher quelques toiles d’araignées pour se préparer à stopper les saignements si ceux-là persistaient. Si tout allait bien, elle n’en aurait pas besoin, mais elle préférait prévenir.

Elle essaya de rassurer la reine avec des mots doux, tentant tant bien que mal de la distraire de sa douleur. Elle aurait aimé appeler Étoiles des Ronces pour qu’il vienne mais elle rechignait à l’idée de quitter sa patiente et la laisser seule et Nuage de Velours n’était pas encore revenu. Avec un peu de chance, l’accouchement serait rapide et elle pourrait avertir le (bientôt) père.
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Sous l’œil attentif de Cascade Silencieuse, les contractions de la guerrière se firent de plus en plus fréquents et la guérisseuse constata, rassurée, que la dilatation était plus que suffisante pour assurer une naissance sans encombres.

Lorsqu’elle sentit enfin, sous sa patte experte, que quelque chose pressait contre la sortie, elle passa tout de suite à l’action. Après quelques mots d’encouragement ( « C’est l’heure Caprice la Sirène, il va falloir pousser », elle la guida avec autorité, lui répétant des indications régulièrement), elle se mit à lécher la reine pour faciliter le passage du chaton.

Il ne lui fallut pas attendre longtemps.

Au bout de quelques minutes seulement, la tête d’un chaton émergeait déjà, son corps suivant rapidement. Cascade Silencieuse ne perdit pas un instant et attrapa le nouveau-né par la peau du cou pour le tirer délicatement vers elle. Grâce à l’effort constant de Caprice de la Sirène, qui se montrait aussi résolue que pour n’importe quelle autre tâche qu’elle entreprenait, le premier chaton fut enfin totalement dehors, l’air touchant sa peau mouillée pour la première fois. La guérisseuse prit le temps de vérifier que le nouveau-né était en bonnes conditions – la petite boule de poils bougeait déjà ses petites pattes pataudes, sans doute à la recherche de la chaleur du ventre de sa mère. Le cœur remplit de joie, elle rapprocha cette nouvelle vie vers les pattes de sa mère.

 « Tiens, lèche-le à rebrousse-poil. Il faut le réchauffer et qu’il commence à boire. Mais ne te relâche pas encore, il y en a un autre qui arrive ! »

En effet, un autre petit nez rose pointait déjà vers le monde extérieur, ne perdant pas de temps. Cascade jeta un coup d’œil vers la jeune mère, qui s’occupait déjà de son premier petit, et, satisfaite que tout fut pris en charge, entreprit de répéter le même procédé. Le cadet semblait plus réfractaire à l’idée de sortir dans l’air froid de la saison des feuilles mortes, car la guérisseuse eut plus de mal à faire glisser son corps entier – ou peut-être Caprice de la Sirène poussait-elle avec moins d’intensité, désormais concentrée à s’occuper de son aîné. Elle dut s’arrêter à plusieurs reprises, craignant blesser le chaton en insistant de trop mais au bout de quelques – longues – minutes, un autre petit corps sombre et humide se trouvait aux pieds de la chatte écaille de tortue. Celle-ci commença à lui faire une toilette rapide, léchant son poil avec vigueur pour le faire entrer en chaleur. Ce chaton-là semblait moins énergique que l’autre, mais en bonne santé tout de même. Quand elle fut certaine que le petit s’en sortirait, elle alla le placer devant sa mère, qui avait fini de laver le premier chaton.

Le ventre de Caprice de la Sirène était encore bombé et traversé de spasmes réguliers, mais Cascade savait que le troisième serait sans doute le dernier. La lieutenante n’avait pas été suffisamment ronde comme pour abriter plus de trois chatons dans son ventre, compte tenu de la bonne taille des deux premiers.

 « Ton deuxième petit se porte bien,  révéla-t-elle une fois qu’elle l’eut posé entre les pattes de la reine. Il faut que tu finisses de le sécher et que tu le nourrisses, comme avant. En attendant, il y a encore un dernier chaton qui arrive. Je sais que tu es fatiguée, mais je te demande encore un petit effort. C’est le dernier et après tu pourras te reposer. »

Ne pouvant pas perdre trop de temps pour la féliciter pour son dur travail, Cascade Silencieuse se contenta de lécher l’oreille de l’autre chatte. Elles n’étaient pas particulièrement proches, mais la guérisseuse aimait se montrer tendre avec ceux dont elle s’occupait et même la lieutenante à la langue acérée avait droit à ces gestes doux.

Elle alla retrouver sa position à côté de l’arrière-train de la guerrière brune, où une troisième petite tête faisait son apparition. La guérisseuse pouvait sentir la fatigue de la jeune mère dans la force décroissante de ses poussées, mais même ainsi elle n’eut pas trop de mal à délivrer le troisième et dernier chaton. Sous un pelage sombre et mouillé par la délivrance, Cascade Silencieuse pouvait voir le torse menu se lever et descendre avec la respiration rapide du nouveau-né. Un soulagement terrible la trempa de la tête à la queue lorsqu’elle constata que, pour ce petit aussi, tout allait bien. Elle ne se rendit compte que lorsque la tension abandonna son corps qu’elle était restée sur ses gardes pendant tout ce temps, attentive à la moindre alarme.

Lorsqu’elle plaça un troisième chaton devant Caprice de la Sirène, ce fut avec un sourire immense et une joie sincère.

 « Je te présente ton benjamin. C’est fini Caprice de la Sirène, tout s’est bien passé. Prends soin de tes petits et repose-toi, en attendant je prendrais soin de toi. »
separateur de texte
Pendant que la jeune mère s’occupait de ses petits et prenait un repos bien mérité, Cascade Silencieuse se chargea de lui laver les pattes arrières avec douceur. Le saignement ne s’était pas totalement arrêté, mais il était faible. Rien d’alarmant ; avec une aise née de l’habitude, la petite chatte écaille plaça les toiles d’araignées qu’elle avait préparées à l’avance, de façon à stopper l’hémorragie.

Lorsque Caprice de la Sirène fut totalement propre et qu’elle fut convaincue qu’elle ne courait plus aucun risque, la guérisseuse prit quelques pas de recul pour observer la scène. La reine semblait éreintée, ce qui était normal après l’épreuve qu’elle venait de vivre, mais autrement se portait bien, tout comme les trois chatons qui étaient déjà tous contre le ventre chaud de leur mère. Attendrie par cette image, elle ne put contenir un sourire. Elle savait qu’elle ne vivrait jamais cette expérience elle-même, mais pouvoir observer les premiers instants d’une chatte avec ses petits la remplissait toujours d’une profonde tendresse. Si elle devait renoncer à l’expérience pour s’assurer que d’autres pouvaient la vivre sans complications, c’était un prix qu’elle payait sans regrets.

 « Je suis heureuse pour toi. » Son affirmation était candide, sa voix sincère.  « Et je suis contente que tout se soit bien passé. Tu peux te reposer quelques heures ici si tu le désires, mais puisque tes chatons sont en parfaite santé tu peux retourner à la pouponnière dès cette nuit. »

Elle s’approcha des chatons, vérifiant une dernière fois qu’ils se portaient bien, puis se redressa. L’excitation commençait à retomber maintenant que les petits étaient nés et elle sentait la fatigue reprendre le contrôle de ses pattes. Hélas, elle avait encore à faire avant de se poser elle-même.

 « Si tu as besoin de quelque chose ou si tu te sens mal, aussi peu que ce soit, fais-le moi savoir s’il te plait. En attendant je vais aller te chercher quelque chose à manger pour que tu conserves tes énergies. Et je vais aller avertir Étoile des Ronces, je suis sûre qu’il voudra connaître ces nouvelles. »

Elle attendit quelques moments pour voir si Caprice de la Sirène avait quelque chose à lui demander, puis se dirigea vers l’entrée de sa tanière, déterminée à faire exactement ce qu’elle avait expliqué. Derrière elle, elle entendait les ronronnements des trois nouvelles vies qu’elle venait d’aider à mettre au monde. Elle avait beau être courbatue jusqu’au moindre de ses muscles, un contentement puissant faisait vibrer ses moustaches. Avec la voie qu’elle avait choisie elle devait souvent affronter la perte et les déceptions mais aider à donner la vie, s’assurer qu’une mère pouvait prendre soin de ses petits… Cette sensation ? Cette sensation faisait toutes les pertes valoir la peine, ne serait-ce que l’espace d’un instant.
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MessageSujet: Re: la promesse de l'aube (ft goth et les chatons)   Lun 31 Oct 2016 - 20:01


LA PROMESSE DE L'AUBE

▲ caprice de la sirène


Sa vue est floue. Est – elle debout ou repose – t – elle dans son propre sang ? Es – ce l’odeur de la mort qu’elle perçoit au loin ? Non, non, cela ne se peut. Trop jeune, encore tant de choses à vivre et à voir. Trop jeune.
Ses pupilles sont dilatées, ses yeux grands ouverts et pourtant c’est comme si le noir pénétrait toute son âme. Déboussolée, éreintée de peur, Caprice de la Sirène sait que ce moment est décisif, elle sent la douleur lui transpercer le ventre. Pourquoi fallait – il que donner la vie soit une épreuve si douloureuse ? Son corps refuse de lui redonner les commandes, réagissant par instinct aux instructions de la guérisseuse. Elle, future mère, n’est que spectatrice de son propre accouchement. Et elle se voit, le regard hagard, effectuant machinalement les ordres de Cascade Silencieuse qui va et vient, des ballots de plantes à la bouche. Et elle sent sa propre peur, elle entend ses propres râles et plaintes. C’est insupportable. Mettez y fin maintenant qu’on en finisse. Et son ventre se contracte pour expulser un fardeau qu’elle ne peut plus porter, qu’elle ne veut plus porter. Et son regard semble chercher quelque chose, ou quelqu’un, un point ou poser l’encre et s’accrocher. Mais Étoile des Ronces n’est pas là, Caprice de la Sirène est seule, toute seule face à trois petites vies, dans son ventre, qui réclament de l’air. Et ça fait mal.

L’odeur aigre des plantes lui fait froncer le museau tandis que l’écaille de tortue les lui tend avec un regard conciliant. La lieutenante arque les sourcils, perdue. Es – ce pour elle ou ses chatons ? La douleur la fait quelque peu déraisonner, elle lève un regard incertain vers la soigneuse.

« Mâche et avale ça. Le pissenlit calmera un peu ta douleur et la bourrache t’aidera à nourrir tes petits une fois qu’ils seront nés. »

Alors, sans trop poser de questions, elle s’exécuta.
Cela devait être assez cocasse à voir. Dame Colère telle un chaton qu’on rassure, elle pourtant froide comme un roc, elle qui vous toisait du haut de son piédestal. Et la voilà toute recroquevillée par la douleur de ses contractions, transie de peur. Et peur de quoi, je vous le demande ? De quelques chatons pas plus gros qu’un mulot en période de famine. Peur d’être mère. Elle trembla, lorsqu’un spasme, plus fort que les autres, secoua son corps ballotté de mille maux. Il lui semblait qu’un être aux dents acérées se frayait un chemin de son ventre vers l’extérieur. Elle gémit mais, consciente que geindre ne servirait à rien, contracta son ventre du plus fort qu’elle pu. La chose glissa, lentement hors d’elle, récupérée délicatement par la guérisseuse.
L’œil trouble, Caprice de la Sirène tourna doucement la tête en direction de son premier né. Il était si petit avec sa robe sombre et ses petites pattes qui semblaient s’agiter en quête de chaleur.  Cascade Silencieuse l’approcha doucement des pattes de la jeune mère.

« Tiens, lèche-le à rebrousse-poil. Il faut le réchauffer et qu’il commence à boire. Mais ne te relâche pas encore, il y en a un autre qui arrive ! »

Ouvrant de grands yeux où se mêlaient amour et une certaine retenue, la tigrée s’appliqua à couvrir le petit mâle sombre de grands coups de langue râpeux et énergiques. La petite chose semblait si frêle et si minuscule entre ses pattes, que la jeune reine, trop occupée à l’observer, en oublia presque sa douleur. Elle savait que sa guérisseuse saurait comment l’aider à donner la vie, une seconde fois, en de bons termes. Malgré tout, les contractions restèrent douloureuses et, anxieuse du temps que le second mettait à venir au monde, la femelle tourna la tête vers son bas ventre, l’œil apeuré. Cascade Silencieuse venait tout juste de saisir le deuxième chaton, plus petit que le précédent. A l’odeur, la jeune mère reconnu une petite femelle. Pendant que la chatte écaille s’affairait auprès de sa deuxième née, Caprice de la Sirène poussa du bout de la patte le petit mâle sombre vers ses mamelles gonflées de lait. Il s’y attaqua avec appétit, arrachant un sourire tendre à la demoiselle au tempérament de feu. Envolées les peurs d’antan, disparue la pseudo démence, il n’y avait plus de place que pour son amour et son instinct protecteur.
Une petite femelle, une tigrée en tout points semblable à sa mère, prit elle aussi sa place auprès du noiraud.

« Ton deuxième petit se porte bien. Il faut que tu finisses de le sécher et que tu le nourrisses, comme avant. En attendant, il y a encore un dernier chaton qui arrive. Je sais que tu es fatiguée, mais je te demande encore un petit effort. C’est le dernier et après tu pourras te reposer. »

Miaula Cascade Silencieuse d’une voix où perçait sa propre fatigue. Lançant un regard éreinté mais reconnaissant à la soigneuse, Caprice de la Sirène hocha doucement la tête et entrepris d’attribuer ses dernières forces à l’expulsion de son dernier né. Elle n’aspirait qu’à une chose, fermer les yeux et dormir, cependant la lieutenante ne pourrait s’offrir ce luxe qu’une fois la dernière petite vie sortie de son ventre. Et c’est ce qu’elle fit, engourdie par la fatigue et les courbatures. Engourdie jusqu’au bout des sens, engourdie par tout son être, mais vivante et mère.
Un dernier petit corps chuta d’entre les étoiles en un bruit mouillé. Poussière d’étoile dans ce monde trop sombre. Très vite ce petit corps, gris comme son père, alla rejoindre les teintes noires et rayées du tableau. Et l’œuvre fut complète.
Un éclat particulier au fond des yeux, Caprice de la Sirène remercia silencieusement la petite écaille, le regard empli de sentiments dépassant la parole. Puis, tournant doucement la tête vers les trois petits êtres qui se pressaient contre son ventre, elle ébaucha un sourire.
Pour la première fois depuis fort longtemps, nul sentiment de colère ne montra le bout de son nez. Rien que la joie d’être là.
Vivante et mère.

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MessageSujet: Re: la promesse de l'aube (ft goth et les chatons)   Lun 31 Oct 2016 - 22:53


LA PROMESSE DE L’AUBE

▲ PETIT CONTEUR


Il flotte parmi les étoiles. Le bout de son nez embrasse leur froid éclat et ses yeux fixent des infinis que nul mortel ne saurait concevoir. Il flotte parmi les étoiles et le monde lui apparaît si nettement qu’il pourrait le prendre au creux de ses pattes et le placer au creux de son cou. Un souffle dans cette froide nuit, la buée se fige. Le temps n’a pas d’importance, il n’est encore qu’un atome, il n’est encore que poussière. Et pourtant, petite poussière dans le ventre de sa mère, il sent la douleur. Il sent la colère et les cris de rage. Et la poussière ne comprend pas, le monde est si beau, le monde est si vaste, pourquoi pleurez – vous ? Pourquoi tant de colère dans les cœurs ? Le sang qui bouillonne aux tempes, les yeux sont remplis de haine, un sourire tristement résolu sur les lèvres. Puis rien. Un bruit de déchirure, peut être ? Es – ce ainsi qu’une vie se dissous dans le  néant ?
Il flotte parmi les étoiles et il y a deux autres petites poussières à côté de lui. Elles ne prennent pas beaucoup de place, ces poussières. Il fait chaud ici. On y est bien, on y est paisible. On peut voir le monde haut et contempler son éphémère beauté. Car il y a certaines beautés qu’on ne saisit qu’une fois. Il a parfois l’impression de voir naître la vie, là, sur sa droite, comme un éclat de lumière dans la noirceur de son infini. La lumière se fait d’abord vive, comme une comète, mais très vite son éclat devient plus ténu, plus discret. La vie est née, son éclat diminue, elle s’évapore. Doucement, les poussières d’étoiles remontent prendre leur place dans l’horizon lacté de la nuit.
Il y a quelque chose de beau dans ce flottement, au milieu des étoiles. En a – t – il seulement conscience ? Regardez le, c’est maintenant plusieurs petits grains de sables qui le forment, on pourrait presque distinguer deux yeux couleur chagrin, en leur centre. Et ces deux yeux contemplent avec un émerveillement d’enfant le monde sous lui. Un monde qui pourrait tout de même moins petit, un monde qui tient beaucoup moins au creux de son cou. Mais il y a toujours quelque chose de sublime dans cette immensité bleuté, quelque chose qui attire. Tel la mouche qui, vers la lumière, vole inexorablement, les trois petites poussières se rapprochent de cette sphère, elles lui foncent dessus plus vite que n’importe quelle comète. Et elles voient tout. Elles sentent tout. La vie les pénètre d’une puissance et d’une force que nul ne saurait imaginer. L’odeur de l’air un matin d’hiver, la couleur des yeux de leur mère lorsqu’elle rit, la saveur sucrée du miel et celle, salée, des larmes lors de la perte d’un proche. En un temps très court, ils ont tout vu, tout vécu, tout ressenti. Leur vie est faite, prédéterminée par les Étoiles. Mais en veulent – ils de cette vie toute faite, emballée, juste prête à être avalée, digérée, consumée ? J’en connais un qui n’en voudra pas. Il est libre, les étoiles sont belles dans une nuit d’été sans nuages, mais les étoiles n’ont rien décidé. Il sera le premier à le dire.

L’ivresse du monde est mortelle,

Il flotte parmi les étoiles. Le bout de son nez embrasse leur froid éclat, il en avale une, par mégarde. Elle a le goût froid d’un flocon et la texture de l’interdit. Ses pupilles s’agrandissent sous son effet narcotique. Le monde apparaît plus grand que la dernière fois, tout comme le sentiment de colère, tout comme la rage et le goût du miel. Les deux autres petites poussières sont là, elles aussi. Il les regarde. Elles brillent. Petites étoiles, petites comètes, qui, tout comme lui, se dirigent à une vitesse affolante vers leur mère, vers la terre. Il y a tant à voir, leurs petits yeux semblent ne pas être assez grands pour toute cette beauté, pour toute cette lumière. Il y a le goût de l’air après la pluie et le sentiment amoureux, le tout premier. Et il y a les étoiles, si petites depuis la terre. Si petites qu’on pourrait presque les prendre une à une, toutes les regrouper dans un bocal, garder le tout contre son cœur.
Il flotte entre les étoiles et son corps commence à prendre forme, à se préciser dans les plis de la bouche, dans le creux que feront ses lèvres lorsqu’il sourira. Il y a toujours ce sentiment de béatitude face au monde, monde bien plus grand, plus gros et vaste. Mais cette sensation est ponctuée d’une pointe d’impatience, d’une question qui revient, inlassable. Que fais – tu ici ? Quel est ton but, petit être ? Et il ne sait pas, le petit être, il ne sait pas. Il y a les étoiles, le monde et lui, eux, qui flottent, rapprochant chaque fois plus du monde. Il aimerait en saisir l’essence même. Mais elle lui échappe en même temps qu’elle lui parvient, et le monde se rapproche, trop, il va s’écraser sur eux quand … la lumière.

Et nous sommes pris vous et moi,

Il flotte parmi les étoiles mais il a les yeux ouverts. Il respire doucement dans une ambiance faite d’une chaleur laiteuse et de douceur, il se sent bercé. Il fait bon vivre ici. Il y a deux petits êtres à côté de lui. Et un goût lacté dans sa bouche.
C’est encore mieux que dans les étoiles.

Chers amis, dans son tourbillon.

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MessageSujet: Re: la promesse de l'aube (ft goth et les chatons)   Dim 20 Nov 2016 - 12:16

bless to be born.
petite onde ft family.


Le néant, l'inconnu. L'inexistence, le noir, puis la lumière. Mais surtout, beaucoup d'amour et de courage.

Les événements semblaient se précipiter. Ce petit chat gris n'était actuellement qu'une idée, une source de patience pour ses parents, pour le monde des vivants. Là, maintenant, la boule de poils était ancrée dans un sommeil plus profond qu'une grotte interminable, et rien ne semblait être capable de troubler cette tranquillité presque irréelle. Rien, excepté le fameux moment auquel elle avait été destinée et formée depuis l'instant où elle était devenue une possibilité. Ce petit être, grandissant dans les étoiles, allait entamer sa descente vers la vie elle-même sans même n'en avoir ne serait-ce que la moindre idée.

Du mouvement se fit sentir dans le cocon maternel. Un bruit bref, une secousse, puis un peu plus d'espace, d'un coup. Le calme revient, avant de se faire perturber de nouveau par quelque vibration soudaine. Le petit être se retrouve seul dans cette immensité irréelle, quelques instants encore. Puis vient son tour, moment redoutable et impressionnant, chose qu'elle n'imaginait pas encore. Beaucoup de mal, il avait beaucoup de mal à sortir du cocon auquel il s'était accommodé tout ce temps, mais il le fallait, on le lui demandait. Des secousses beaucoup plus grandes, puis une lumière, soudaine, aveuglante. Que d'émotions à cet instant : nouvelles odeurs, incompréhension, sons déchirants, puis de nouveau la chaleur, celle d'un corps, d'une âme aimante. Son nouvel environnement était là, le petit être gris était descendu des étoiles aussi vite qu'il s'y était logé, d'une façon fracassante et inattendue. Il fallut quelques instants pour réaliser, pour s'accommoder, pour y survivre.
Et la princesse était là.

_________________



eh ouais, tu peux pas test et t’as bien lu : for kenya only.

ceux qui accompagnent mes pas. Hearty :
 
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MessageSujet: Re: la promesse de l'aube (ft goth et les chatons)   Mer 28 Déc 2016 - 13:43

Et pourtant je vous dis que le bonheur existe ailleurs que dans les rêves, ailleurs que dans les nues.


La promesse de l'aube
C'est dans la profondeur des abysses que tout commence, la vie comme la mort se lie et forment une unité. C'est ainsi qu'un être prend vie, puis plus tard meurt. Mais avant cela, il faut que l'être naisse et vive. L'ordre des étapes entre la vie et la naissance sont si trouble qu'on pourrait les confondre, on ressent les palpitations du cœur de notre mère, la présence d'autres êtres et de la chaleur qui nous entour, avant même de savoir comment respirer. Mais on ne se souvient pas de tout cela, la mémoire est un mécanisme qui vient bien plus tard. C'est pourquoi, la limite entre naissance et vie étant si floue, nous dirons que la naissance fais partie de la vie et que tout est lié.

Elle flottait dans les étoiles, au fin fond des abysses, tranquille, naviguant sur un océan sombre aux eaux noires qui menaçaient de l'engloutir. L'eau éclaboussait son navire de fortune, l'écume aspergeait son doux pelage d'un sentiment de haine et de peur. L'espace confiné était sans cesse en mouvement, les eaux sombres qui auparavant étaient si calmes et si douces étaient désormais mouvementées. Les étoiles clignotaient et leur éclat blafard semblait sur le point de s'éteindre. La petite sur son bateau craignait que cela n'arrive. Ne vous éteignez pas petites lucioles, restez avec elle, elle a si peur du noir. Un remous fit basculer le navire, puis un fort courant entraîna le petit corps contre des rochers, elle parvint à les esquiver et se glissa dans un petit passage entre eux, puis le noir absolu.

Adieu le navire, adieu les petites lucioles et les eaux de cette mer mouvementées. A travers la peau fine de ses yeux elle devinait une grande luminosité au dehors, même en ne pouvant pas ouvrir ses petits yeux. Un grand froid la surpris, elle ne voulait pas quitter son bateau. Laissez moi y retourner ! Il faisait si froid dehors. On la força à s'extirper du tunnel. Elle rejoint bientôt d'autres corps chaud, bien blottie contre eux elle avait moins froid. Elle trouva rapidement de quoi remplir son petit estomac, un liquide chaud et lacté emplissait sa bouche, elle était au chaud, dans un nouveau monde qui finalement était aussi bien que le premier, elle s'endormit rapidement.

Spoiler:
 

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