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 Essais.

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MessageSujet: Essais.    Sam 5 Avr 2014 - 22:57

Essai N°1: Noir.

C'était une journée comme les autres, avec une matinée comme les autres. Tu avais senti sa main dans tes cheveux au réveil, entendu sa voix sans laquelle il te semblait être perdu. Mais bien sûr, tu ne réalisais pas à quel point elle aurait pu te manquer, toutes ces petites choses du quotidien te paraissaient normales et tu ne prenais plus le temps de m'attarder sur elles. Et c'était terrible en soi, elle t'étais acquise et tu ne lui donnais pas toute l'attention qu'elle méritait, mais elle avait l'air heureuse. Vous n'aviez presque jamais été séparés et c'était comme s'il n'y avait rien eu avant elle. Ce sentiment qu'on est rien sans une personne que votre vie à vraiment commencé le jour d'une rencontre, qu'avant cela tout était vain, ou que chaque événements n'avait servi qu'à préparer ce jour, tout vous avait conduit jusqu'ici. Tout s'était passé sans incident, sans surprise, comme d'habitude et il te semblait que la routine vous dévorait peu à peu, mais cela n'avait pas d'importance puisqu'elle était tienne. Elle était à toi. Tu étais rentré plus tôt que d'habitude, quelques minutes seulement. Tu n'avais pas pensé à elle de la journée, elle serait là à ton retour, tu le savais et à partir de là il n'y avait plus rien à dire. Et tu t'en voulais comme tu t'en voulais..

Tu fais tourner les clés dans la serrure, avec le bruit de la ville qui oppresse encore tes tempes. Tu ouvres la porte, et lance le "bonsoir" quotidien, convaincu qu'on va te répondre. Mais personne ne répond, tu fronce les sourcils, de la musique. Elle te parvient du salon, étouffée, comme un flot de notes sans rythme, rien que tu ne puisse reconnaître.
Tu n'insiste pas, elle n'a pas dû t'entendre. Tu continues, enlèves ton manteau, le pend. Tu continues, fais quelques pas, pose tes clés, arrive au bout du couloir. Une autre porte que tu ouvres. Elle n'est pas là à t'attendre, la table n'est pas mise, le repas ne chauffe pas. Tout est parfaitement rangé comme dans un appartement témoin. Tu retourne dans le salon, toujours personne, et éteins la radio qui débite des informations inutiles dans le vide. Le silence te coupe le souffle, tu regrette presque le vacarme de la rue. Tu appelle une nouvelle fois, toujours pas de réponse, elle est pourtant censée être là.

Tu décide d'attendre un peu, elle a dû sortir pour une urgence. Tu ouvre la porte de la salle de bain, avec l'intention de te passer un peu d'eau sur le visage. Elle est là.
Dans la baignoire. Tu crois à un cauchemar, tu espère te réveiller. Tout de suite. Sa main pend négligemment sur le côté comme si elle prenait un bain mais l'odeur métallique du sang te prend à la gorge. Un haut-le-coeur, une sueur froide, les poings qui se ferment et les membres qui se raidissent doucement, répondant à un appel silencieux. Il y en a partout, il souille tout comme une vague qui incrusterait la moindre parcelle de matière. Par endroit il est plus épais et noircit, tu ne peux pas croire ce que tu vois. Ses poignets sont déchirés, tu ne pourrais pas dire à quel point c'est profond et tu ne veux pas savoir. Tu veux te réveiller, c'est tout. Soudainement, sans le sentir, tu te retrouve à genoux,les joues humides, la gorge en feu. Tu avances un peu, tend une main tremblante, qui ne t'appartient plus, vers le visage tant aimé. Elle est pâle, son cou prend une teinte bleutée. Tu cherche le coupable des yeux. Il est à terre, des ciseaux, si simples et si familiers qu'il te paraît impossible qu'ils puissent donner la mort. Depuis combien de temps est-elle ici, quand a-t-elle décidé de t'abandonner ? Depuis combien de temps le savait-elle ? Et allumer la radio, te faire perdre du temps ? Te donner une dernière fois l'illusion du réel, de la vie, avant de tout te reprendre ? Tes doigts agrippent ses cheveux sombres, flottant doucement dans la marrée rouge. Elle savait que tu la trouverais, elle savait qu'il ne te resterait plus une larme à verser, que tu hurlerai à en perdre la voix, que les voisins accourraient, curieux et inquiets, qu'ils te diraient à quel point ils étaient désolés et que tu répondrais que personne, personne, jamais, ne pourrait comprendre ta douleur. Et la haine que tu ressentais en repensant à sa main dans tes cheveux le matin.
Comment a-t-elle pu ? Et tu te demande pourquoi. Tous les jours.
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MessageSujet: Re: Essais.    Lun 7 Avr 2014 - 22:40

C'est extrait d'un vécu ? C'est drôlement réaliste, notamment par rapport aux sentiments et sensations :oTu écris bien :)
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MessageSujet: Re: Essais.    Mar 8 Avr 2014 - 17:19

Effectivement J'ai déjà vécu cette situation mais dans des conditions différentes quant aux raisons et à la manière.
Merci beaucoup :3
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MessageSujet: Re: Essais.    Mar 8 Avr 2014 - 17:49

ça se sent dans le texte, et de rien c'est largement mérité :)
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MessageSujet: Re: Essais.    

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Essais.
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