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 Plume de Braise, ta fin n'est que le commencement de toutes choses.

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MessageSujet: Plume de Braise, ta fin n'est que le commencement de toutes choses.   Mar 2 Avr 2013 - 11:05

Bonjour !
Ici je vous présente l'histoire complète de Plume de Braise, dans toute son intégralité, toute sa vérité, l'histoire véridique, avec tous les points de vue, celle qui permet de comprendre en profondeur mon personnage et toute l'étrange histoire qui s'est déroulé autour d'elle. Vous allez me dire : "Rhô ! Brisou ! Mais on la connait déjà !" Seulement non, vous ne la connaissez pas. Vous avez peut être déjà lu quelque part sur le forum un petit résumé incomplet de cette histoire, mais vous ne savez pas tout ce qui c'est passé, et vous ne connaissez pas la suite !
Bref, c'est une histoire à lire, enfin après vous faites ce que vous voulez ! ^^
De petites précisions concernant ce récit :
1) Il est très long, je l'admet, et ne sera écrit qu'au fur à mesure. Donc je posterai les chapitres les uns après les autres, sachant qu'ils sont regroupées en parties. Si vous voulez que je poste le chapitre suivant car vous appréciez le récit, n'hésitez pas à me le dire, cela me motivera pour aller plus vite !
2) L'histoire étant un peu compliquée au bout d'un moment, au début de chaque partie, je placerai un arbre généalogique exprès pour la partie, avec les personnages connus et en plus les nouveaux personnages. J'introduirai une présentation des nouveaux personnages aussi. Tout cela pour que ce soit encore plus clair pour vous bien sur :) Aussi, il y aura de petits résumés...
3) Mon histoire étant celle de mon personnage, certaines scènes ont déjà été vécues par RP, ou bien lors d'une bataille, etc... Certaines scènes mentionnent même le nom de certains persos réels. Très important : ne voyez pas cela comme du plagiat, ou bien le fait que je joue le perso, non, au contraire. Pour Nuage d'Altitude, dont le personnage est très encré dans l'histoire, quand je dois parler de son perso, je prendrai un narrateur externe, essayerai d'être la plus neutre possible. Je ne ferai que relater les faits les plus simples relatées dans l'histoire (à laquelle il a bien participé).
4) Si vous trouvez chouette ce que j'écris, c'est gentil de mettre un petit commentaire, cela m'encourage à continuer :) Mais on évite trop de flood pour pas embrouiller le post, ok ?
5) Merci Bambi qui m'a fait quelques trouvailles pour le récit, notamment celle de la présence de Raven.
6) Je suppose qu'il est bien sur inutile de rappeler que toutes copies est interdite et que la diffusion de ces textes sans mon autorisation seront très sévèrement jugés.






Plume de Braise, ta fin n'est que le commencement de toutes choses.



Partie I



Arbre généalogique

(à venir)

En texte cela donne : Poil de Belette, de son union avec Perle de Rosée, a donné la vie à Petit Loir, Petite Braise et Boule de Neige. Puis de son union avec Ambre Nacré, a donné la vie à Petite Altitude. Griffe d'Argent aime, mais sans retour, Ambre Nacré.

Personnages

Griffe d'Argent : Originaire de la Tribu Noire. Il aime Ambre Nacré, mais, après avoir découvert son secret, il veut accomplir sa vengeance sanguinaire sur Poil de Belette, et tous ses descendants, ainsi que son clan.

Poil de Belette : Guerrier du Clan du Tonnerre, il connaît le sens de l'honneur. C'est un chat brave et fier. C'est le compagnon de Perle de Rosée, et le père de Petite Braise, Petit Loir et Boule de Neige. Il deviendra plus tard le compagnon d'Ambre Nacré, et aura Nuage d'Altitude pour fils. C'est l'ennemi juré de Griffe d'Argent.

Perle de Rosée : Compagne de Poil de Belette, elle est la mère de Petite Braise, Petit Loir et Boule de Neige.

Ambre Nacré : Chatte de la Tribu Noire, elle est très belle. Elle est aimée de Griffe d'Argent, mais elle, elle aime et est la compagne de Poil de Belette. C'est la mère de Petite Altitude, et la cause de la chasse sanguinaire que va mené Griffe d'Argent.

Petit Loir : Aîné de la portée de Poil de Belette et de Perle de Rosée, il a pour sœur Petite Braise, qu'il veut absolument protéger de tout, et pour frère Boule de Neige.

Petite Braise : Cadette de la portée de Poil de Belette et de Perle de Rosée, elle a pour frères Petit Loir et Boule de Neige.

Boule de Neige : Benjamin de la portée de Poil de Belette et de Perle de Rosée, il a pour sœur Petite Braise, et pour frère Petit Loir. Il est très fragile de constitution.

Petite Altitude : Fils de Poil de Belette et d'Ambre Nacré, il est donc de sang mêlé, car sa mère appartient à la Tribu Noire, et son père au Clan du Tonnerre. Il est élevé dans la Tribu Noire, et croit depuis sa naissance que Griffe d'Argent est son père. Il ne sait pas qu'il a deux demi-frères et une demi-sœur à l'autre bout de la forêt.


Résumé

Dans cette partie, Poil de Belette et Perle de Rosée donneront la vie à Petite Braise, Petit Loir et Boule de Neige. Malheureusement, Perle de Rosée mourra pendant la naissance. Poil de Belette connaîtra une grande peine. Quelques lunes plus tard, il croisera une belle chatte de la Tribu Noire, Ambre Nacré. Il en tombera amoureux...
Griffe d'Argent, lui, va découvrir le secret de sa bien aimée, Ambre Nacré : elle retrouve chaque nuit en cachette un guerrier du clan du Tonnerre, Poil de Belette. Fou de rage, il se jurera de se venger en tuant Poil de Belette, son clan et sa descendance.
Il réalisera sa vengeance, sous les yeux de Petite Braise et ses frères, traumatisés. Une fois de retour à la Tribu Noire, Griffe d'Argent va découvrir qu'Ambre Nacré a mis au monde les petits de Poil de Belette, dont un nommer Petite Altitude. Le chat, hypocrite, lui rapportera une fausse version de la mort de Poil de Belette. Profitant du désespoir de celle qu'il aime, il lui proposera d'élever avec elle les petits, afin qu'ils aient un père. Elle acceptera.





Chapitre 1

Poil de Belette



***

La pleine lune éclairait la clairière, projetant ses rayons lumineux sur les feuilles des buissons épais. Un silence pesant régnait dans l'atmosphère, étouffant les respirations saccadées de la nuit.
Ce soir-la, les félins agiles et forts, qui faisaient la fierté du Clan du Tonnerre, allait pouvoir se rendre à l'assemblée mensuelle, comme il en était la tradition depuis des générations. Sous l'ombre que leur portait le promontoire, un immense rocher, au milieu de la clairière, tous attendaient, enveloppés de ce silence infernal de la nuit. Ils attendaient leur chef, sans faire un geste, sans dire un mot. Le meneur sortir alors de son antre, majestueux, et avança au milieu de ses guerriers. Dans les regards de ces derniers, on pouvait y lire l'admiration. Tous espéraient un jour lui ressembler.
Le chef s'inclina devant moi, qui étais alors un guerrier massif, à l'allure fière et noble, dont la fourrure noire et blanche semblait gonflée d'orgueil. Moi, Poil de Belette, avait la garde du camp pendant son absence, ce qui n'était pas une tâche à prendre à la légère ! J'étais enthousiasmé par cette mission qui témoignait de la confiance que m'accordait le chef. Bien entendu, j'avais avec moi d'autres félins, mais c'était moi, et moi seul, le chef des opérations.
Le chef, une fois rassuré par un hochement de tête que je lui adressait, intima à ses troupes d'un geste désinvolte de la queue de le suivre. Et le groupe de félins disparut dans la forêt, laissant un tourbillon de feuilles et de poussières dans son sillage.

Heureux, satisfait de ma responsabilité, j'ordonnai à deux apprentis, Nuage de Vigne et Nuage de Mitre, de garder le camp, en encadrant l'entrée, un large tunnel d'ajoncs. Je leur demandai de me prévenir au moindre mouvement suspect venant de l'extérieur. Les deux novices étaient sages, et je savais qu'il mènerait à bien leur tâche.
Alors, sentant que cette nuit serait plutôt calme, je décidai d'apporter une proie à ma compagne, Perle de Rosée. Elle n'était plus très loin du jour de son accouchement, il fallait donc qu'elle prenne des forces. Penser à mes futurs petits me remplissais de joie, et je me sentis encore mieux. Bientôt, je serais père ! Quelle joie ! Je pris sur la réserve de gibier le mulot le plus dodu que je pu trouver, car je savais que c'était le rongeur favori de Perle de Rosée.
Une fois à le pouponnière, j'avançais dans l'ombre, un peu à l'aveuglette. Mon odorat très développé, à force de vivre dans les bois, reconnu immédiatement le doux parfum de ma dulcinée. Je la trouvais allonger sur le côté, son ventre proéminent gonflé plus que jamais. Elle allait décidément mettre bas très bientôt... Serais-ce le lendemain ? Je ne savais pas, mais que j'avais hâte ! Hâte de voir les chatons, hâte de voir le regard brillant de ma compagne, devenue enfin mère.
En ronronnant, je venais frotter mon museau contre le pelage ardoise de Perle de Rosée, pour lui témoigner mon affection. Mais bizarrement, je n'eu pas les mêmes retours que d'habitude. Inquiet, je redressai la tête, et tentai de distinguer dans la pénombre les yeux de ma bien-aimée. Ils étaient brillants, non pas de bien être, mais de fièvre, et d'anxiété. Que lui arrivait-il ? Inquiet, je lui demandai en toute hâte :
- Perle de Rosée ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Réponds-moi, je t'en supplie !
La chatte, prise d'un hoquet de douleur, parvint juste à murmurer :
- Les petits... Ils arrivent.
C'était donc ça. La naissance, maintenant ! Mon instinct de père se réveillait soudain en moi. Que faire ? Il fallait prévenir la guérisseuse, et vite ! Je courus comme je n'avais encore jamais courus jusqu'à la tanière de la guérisseuse. Mais quand j'entrais, je la trouvais vide. Mais bien sur ! L'assemblée ! La guérisseuse était partie à l'assemblée ! Je priai en mon fort intérieur :
Oh Clan des Étoiles, comment est-ce possible ? Je vous en prie, aidez la, faite que tout ce passe bien !
Je souhaitais plus que tout au monde devenir père, mais la mise bas en pleine nuit, sans guérisseuse, cela compliquait les choses ! Soudain, je pensais à l'apprenti guérisseur, Nuage d'Abysse. Lui, il était resté au camp ! Afin de surveillé Œil Blanchi, un ancien malade, qui souffrait du mal blanc. Peut être pouvait-il m'aider...

Sans attendre, je bondissais vers le gîte des anciens. Ils étaient là, tous, autour du vieux chat aveugle d'un œil. Et Nuage des Abysse était la aussi. Il confectionnait un traitement contre le mal blanc en mâchant de l'herbe à chat, et en faisant ingérer à l'ancien la pulpe précieuse. Paniqué à l'idée de perdre peut être de précieuse minutes, je hurlai à Nuage d'Abysse :
- Vite ! Dépêche-toi ! C'est Perle de Rosée... Elle est en train de mettre-bas, mais ça se passe mal !
Le jeune chat gris ne se fit pas prier. Il abandonna son patient, et courut jusqu'à la pouponnière, où Perle de Rosée poussait des gémissements atroces. Je le suivis, tendu comme jamais. Comment cela allait-il se terminer ? Je n'osais l'imaginer. Mon cœur battait à tour rompre, ma fourrure s'était hérissée, et je sentais la peur dévorer mes entrailles. Je craignait de ne pas être à le hauteur. Quel soutien un père doit-il apporter dans une telle épreuve ?

***

Le sang. Il n'y a maintenant plus que du sang, qui coulent comme un ruisseau au milieu des épines qui jonchent le sol de la pouponnière. Ce liquide pourpre si poisseux, qui s'infiltre dans la mousse, laissant son odeur métallique régner dans l'air. Ce sang qui coule, encore et encore de l'abdomen de ma chère Perle de Rosée. Nuage des Abysse s'est dit désolé, il a paniqué, lui aussi, trop novice dans les accouchements, car il a commencé son apprentissage il y a peu, et il n'a donc rien pu faire.
Toi, mon amour, tu as fermé les yeux. Tu as vu ces quatre petites boules de fourrures rouges, qui sont tes enfants, jaillirent de tes entrailles, entraînant cette hémorragie mortelle. Maintenant, tu ne souffres plus, car tu pars dans un autre monde, auprès des guerriers de jadis, un monde où tu retrouveras ceux qui nous ont déjà quitter. Mais dans tout ça, tu me laisses seul.

Au moment où elle expire une dernière fois, la guérisseuse surgit, avec toutes ses connaissances qui m'auront été inutiles.

***

Je ne veux plus rien savoir. On me réconforte, on me dit que trois des quatre petits ont survécus... Oui, mais elle, a-t-elle survécue ? Non, car le Clan des Étoiles m'a abandonné, j'en suis certain. Il ne peut que m'avoir abandonné. Alors, dans un long soupir, je me laisse sombrer dans la dépression. Une reine, celle qui a accepté de nourrir mes petits en plus des deux siens, me demande comment je veux nommer les chatons. Je la fixe de mon regard vide, qui a perdu sa couleur, et dit d'une voix blanche :
- Leurs noms sont Petit Loir, Petite Braise et Boule de Neige.
Ce seront les dernières paroles que je prononceraient, jusqu'à être guéri de mon mal par une chatte merveilleuse, qui saura comprendre ma peine : Ambre Nacré.







Dernière édition par Plume de Braise le Mer 3 Avr 2013 - 17:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Plume de Braise, ta fin n'est que le commencement de toutes choses.   Mar 2 Avr 2013 - 19:33

Chapitre 2

Griffe d'Argent



***

Je l’observe depuis longtemps, si longtemps que je n’ai pas vu le temps passé. Le soleil est sur le point de disparaitre, et cela, je viens de m’en apercevoir… J’ai l’impression que depuis que je la connais, la vie elle-même passe trop vite. Je ne suis plus qu’en un état d’extase devant sa beauté, et son intelligence. Elle est vive, amusante, sympathique, jamais de mauvaise humeur… Comment les autres chats de la tribu peuvent-ils l’ignorer ainsi ? Enfin peu importe, elle est à moi, rien que pour moi, personne d’autre ne lui parlera, ne la touchera. Elle deviendra ma compagne, elle aura des chatons de moi, elle m’admirera. Tout le monde devra me respecter, de toute façon, un jour où l’autre. Car je deviendrai un chat important, et si féroce, si puissant, qu’on n’osera même plus me regarder dans les yeux. Telle est ma destinée, j’en suis certain, et ce depuis toujours.
Elle, Ambre Nacré, cette chatte si belle à mes yeux, se redresse, et descend du rocher où elle est allée se reposer et faire sa toilette, un peu à l’écart du reste de la tribu. Soudain honteux de l’avoir épiée ainsi pendant si longtemps, je sors moi aussi de ma cachette, et me décide à rejoindre l’endroit où je dois dormir, avec d’autres chats de la Tribu Noire, ma tribu natale, à qui je dois un dévouement et une loyauté sans égale, sous peine de connaître des châtiments des plus affreux. Mais tout à coup, une idée saugrenue germe dans mon esprit. Et si, pour une fois, je suivais Ambre Nacrée, et arrivais à entamer la conversation avec elle ? Ce ne serait pas une mauvaise chose, au contraire. La jeune chatte pourrait alors se rendre compte de mon incroyable vivacité, de ma force, de tous mes nombreux talents…
Je suis satisfait de ma trouvaille, et je me dirige d’un pas droit et décidé vers la chatte, quand soudain, au détour d’un buisson, elle disparait sous mes yeux. Intrigué, je m’approche de l’arbuste, et me rend compte qu’elle a dévalé un petit ravin pour se retrouver dans la forêt, à l’abri des regards. Que va-t-elle faire là-bas ? C’est vrai, bon sang, la forêt mène sur la frontière de notre territoire… Il ne faudrait pas qu’elle quitte le territoire, elle est si fragile ! Alors, je la suis. Je peux être un très bon traqueur, je le sais, car mes coussinets, bien que recouverts de cicatrices répugnantes dû à un ancien combat, avec des rats, semblent recouverts de velours : ils ne font pas le moindre bruit. De plus, ma fourrure grise claire arrive à se fondre dans le paysage, lorsqu’il y a des rochers notamment.
Je l’approche, doucement, calmement. Elle se retourne à plusieurs reprises, comme si elle ne voulait pas être suivie. Que craint-elle donc ? Où va-t-elle ? Mon instinct me hurle de la suivre. Mais si jamais elle s’aperçoit que je l’ai filée, elle ne me le pardonnera jamais… Que faire ? La réponse s’impose d’elle-même : prend le risque. Il est vrai que je pourrais inventer une excuse facilement… Ce n’est pas le plus compliqué. Moi aussi, j’ai le droit d’aller en forêt ! Alors, ma décision prise, je m’élance derrière elle, dans son cillement au milieu des fougères.
Elle avance vite, à présent. Son doux parfum a à peine le temps de se poser sur la végétation environnante, et j’ai soudain peur de perdre sa trace.
Plus vite ! Cours !
J’essaye de me motiver, mais mes forces me quittent… Je n’ai jamais été bon en course, car moi, mon point fort, c’est le combat. Alors qu’Ambre Nacrée est capable de battre n’importe qui sur une distance importante. J’ai toujours admiré son endurance, comme tant d’autres choses en elle. Enfin, nous parvenons à la frontière de notre territoire. Elle, elle l’a passée sans aucune hésitation, comme si elle en avait l’habitude. Mais moi, j’hésite, je ralentis, et finalement, je m’arrête pile sur le marquage. Jamais de ma vie je n’ai quitté mes terres natales… Faut-il vraiment un début à tout ? Je ne pense pas qu’il soit nécessaire pour mon existence que je me risque à l’extérieur, où je peux rencontrer n’importe quel prédateur.
Mais mon amour pour Ambre Nacrée est plus fort que ma peur de l’inconnu. Si elle a passé la frontière, je dois la passer aussi. Il est de mon devoir de la protéger, elle, petite chatte lâchée dans le monde extérieur. Sans moi, elle n’est rien, car je suis tout pour elle, c’est une certitude. Mon héroïsme caché au fond de moi se réveille, et je sens l’appel de l’aventure prendre procession de mon âme. Il faut que j’y aille ! Et d’un pas décidé, je franchi la frontière, sans me retourner, sans même un regard en arrière. Pour moi, cela celle comme une sorte de pacte : je risque ma vie pour Ambre Nacrée, elle ne pourra donc plus que me vénérer.
Après une bonne trotte dans la forêt, je commence à me poser toutes sortes de questions des plus étranges, qui me font souffrir :
Pourquoi Ambre Nacrée sort donc ainsi du territoire ? Va-t-elle chasser plus loin, sur des territoires dits « libres » ? Pourquoi prend-elle tant de précautions ? Ne peut-elle pas prendre d’autres chats aguerris, comme moi, avec elle, pour sa sécurité ? S’il lui arrive quelque chose, que faire ?
Quand soudain, je la vois, là, belle, assise au centre d’une clairière. Que fait-elle ? Elle semble attendre… Je me demande si aller lui parler à présent serait une bonne idée. Non, sûrement pas. Alors je me cache dans un épais buisson de sauge. Son pelage tigré luit au soleil, et elle attend toujours. Soudain, surgissant de derrière un chêne imposant, un mâle apparaît. Il a la carrure droite, et imposante. Son pelage noir et blanc laisse deviner des muscles saillants, un corps bien entrainé. Instinctivement, je me tapis un peu plus au sol, pour être sûr que le buisson me cache bien…
Je ne connais pas ce mâle. Je ne l’ai jamais vu. Il ne porte pas l’odeur de la Tribu Noire, c’est certain. Pourtant, sa carrure ne ressemble en rien à celle d’un solitaire. Alors, qui est-il ? J’hume l’air, pour me concentrer sur son odeur. Il sent les fougères, les ajoncs, les chênes, les arbres… Toute sorte de végétation. Il doit donc sans doute vivre dans un terrain forestier, un peu comme ici. Mais il porte aussi le parfum du mélange des odeurs d’un grand nombre de chats. Il doit appartenir à une tribu quelconque.
Je cherche dans ma mémoire, pour retrouver à quelle horde peut bien appartenir cet individu. Et une vieille histoire, que m’a un jour racontée mon père ressurgie dans ma tête. Avant sa mort, il me disait :
« De l’autre côté du bois, vers le Sud, loin de nos montagnes froides, vivent depuis des générations et des générations quatre clans de chats. Ils sont rivaux, mais font face ensemble aux principales catastrophes qui touchent tous les clans. Ils vivent tous dans un milieu différent. Le clan du Vent habite la lande, et leurs guerriers sont rapides, ils chassent le lapin. Le clan de la Rivière connait un petit fleuve, où ils y pêchent du poisson. Le clan du Tonnerre habite en forêt, et aime le gibier des bois, tandis que le clan de l’Ombre vit sur des terrains marécageux et dans des pinèdes. Tous comportent des chats surentrainés, des guerriers, qui sont presque imbattables au combat. Ils chassent pour tous le clan, un peu comme notre Tribu. Le plus étrange chez eux, ce sont leurs coutumes et leurs croyances. Quand j’ai rencontré les chats des clans, ils m’ont expliqué que pour eux, il y a une vie après la mort. Quand on meurt, on va rejoindre ce qu’ils appellent le Clan des Etoiles, dans la voie lactée, constitué des guerriers de jadis. Et plus incroyable encore ! Ils m’ont dit qu’à chaque pleine lune, ils se réunissent tous pour faire une assemblée, à un endroit nommer « quatre chênes ». Là, ils ne peuvent se battre, il y a une trêve. Ils partagent leurs nouvelles et expliquent leurs problèmes. C’est dingue, hein, fiston ? »

Voilà ce dont je me souviens. Ce sont les paroles de mon cher père… Je ne les ai pas oubliées. Quelque chose me dit que ce chat si étrange pourrait bien faire partie d’un des quatre clans. De quel clan serait-il, alors ? D’après son odeur, je dirais le clan du Tonnerre. Mais je ne suis sûr de rien.
A présent, je me demande ce qu’un guerrier comme lui vient faire par ici. Et pourquoi Ambre Nacré ne semble pas effrayée par la présence d’un inconnu. Je m’apprête à bondir de ma cachette, pour lui porter secours, au cas où le chat l’attaquerait.
Mais alors, une scène incroyable se déroule sous mes yeux : le mâle bicolore se rapproche de la jeune chatte, et vient lécher tendrement le museau de ma bien-aimée. Elle se met à ronronner, et se colle à lui. Il l’enlace tendrement de sa queue, et ronronnent à son tour. Les deux ressemblent à de jeunes amoureux épanouis.
Mais dans ce petit buisson de la forêt, mon monde à moi vient de s’écrouler.

***

Comment ? Comment est-ce possible ? Comment un vulgaire chat du Clan du Tonnerre a-t-il pu ? Comment a-t-il osé usurper ma place, à moi, si brave et si fort ? Je n’arrive pas à imaginer ce détritus félin s’approcher si proche d’Ambre Nacré, elle, si pure. Voilà donc son secret, à elle. Elle que je pensais si intelligente. Finalement, elle n’est rien. Pour avoir préféré ce guerrier à moi, elle prouve sa stupidité.
Les chats des Clans, jusqu’à présent, je n’avais rien contre eux. Je les trouvais arrogants, orgueilleux, croyants à des rites plus imbéciles les uns que les autres – tout ceci grâce aux histoires de mon défunt père – mais à part ça, ils m’étaient totalement indifférents. Je n’avais jamais cherché à les connaitre, et je m’en portais très bien. A présent, ce chat a tout changé. Lui, il est officiellement « mort » d’avance, tout comme sa descendance s’il en a une, et son clan. Ils connaitront tous ma fureur.
Je continue de regarder cet animal puant, qui est en train de parler à ma chère Ambre Nacré, et frotté son museau contre la joue de ma dulcinée. Quel spectacle répugnant ! Je ne peux le supporter, alors je peste, je rage.
Ô Ambre Nacré ! Mais comment as-tu pu tomber amoureuse de pareil félin ? Un félin hideux, sordide, fourbe sans doute, un vagabond de passage, traître à son clan, sans aucun honneur, aux coutumes si étranges ! Pourquoi lui ? Pourquoi pas moi ? Je suis tellement supérieur, tellement mieux pour toi ! Il n’y a là aucun doute… Mes talents sont si nombreux !

Mes griffes pétrissent le sol de rage, elles éventrent la terre, écrasent les feuilles. Je suis bien caché, et heureusement, car sinon, n’importe qui aurait senti les ondes de chaleur qui émanent de mon corps. Les instants passent, les uns après les autres. Je ne sais pas combien de temps je reste là, éclairé par les rayons de la lune, qui scintillent de mille feux. Je sens une brise fraiche ébouriffer mon pelage gris. Habituellement, j’aurais fini par me calmer, par reprendre mon sang-froid. Mais cette fois-ci, non. Non, je ne me calme pas, je me laisse abandonné à ma fureur. Je continue de grogner dans l’ombre, tel un fauve qui s’apprête à répandre la mort autour de lui.
Depuis longtemps maintenant, je n’observe plus les deux tourtereaux qui profitent de l’intimité de la nuit pour batifoler à leur aise, comme de jeunes étourdis, ce qu’ils sont au fond. Je fixe mes pattes, recouvertes de cicatrices. Ces pattes, elles tueront le chat qui est de l’autre côté de la barrière de feuilles. Elles s’enfonceront dans sa chair, lui déchireront les muscles, le coinceront au sol, afin que, dans ma soif de vengeance, je puisse plonger mes crocs dans la nuque de ce bâtard, que je puisse m’abreuver de son sang. Je me le promets, elles les feront. Je ne connaitrai jamais la paix tant que cette vengeance ne sera pas accomplie.
Toujours furieux, mais ne supportant plus de rester caché, je bondi hors de ma planque, et cours vers le camp. Je me fiche bien de savoir si oui ou non, je me suis fait repérer en fuyant, car cela n’a plus d’importance à mes yeux, je suis bien trop prisonnier de ma colère. De toutes façons, Ambre Nacré semblait bien assez occupée avec son cher guerrier du Clan du Tonnerre pour me voir… Un abruti, oui, ce guerrier ! Il goutera de mes crocs celui-là…

J’arrive au camp silencieux. Je n’ai aucune envie de retrouver mes camarades endormis, alors je vais rejoindre le grand rocher, près de la petite source d’eau cristalline. C’est à cet endroit qu’Ambre Nacré aime venir se poster, tous les jours. Je scrute l’onde miroitante, qui me renvoie le reflet du ciel étoilé. C’est magnifique, tous ces astres… Et dire que les chats des clans prétendent qu’ils s’agissent de leurs ancêtres ! Pff… Moi, je sais bien qu’en réalité, ce sont des boules de feu flamboyantes qui volent très haut dans le ciel. Parfois, parmi toutes ces lumières scintillantes, j’en aperçois une filer dans le ciel un instant, avant de s’éteindre ; tout ceci se passant très vite. Mon père m’a souvent dit qu’il fallait faire un vœu dans ce cas.
Penser au vœu que je ferais, si jamais je voyais une étoile filante ce soir, me rappelle comment et pourquoi je suis venu ici. Et je repense à Ambre Nacré… Deux petites larmes coulent alors de mon œil, glissent, s’entrecroisent et défilent le long de ma joue, avant de tomber avec une détonation aiguë dans l’onde du petit ruisseau.
Pour la première fois de ma vie, je sais ce que signifie avoir un cœur brisé.



**********************************************************************************************************************

Voilà, la suite au prochain numéro ^^
P.S : Si vous lisez et que vous trouvez ça chouette, n'hésitez pas à poster, à me donner vos avis, etc... :)


Dernière édition par Plume de Braise le Mer 3 Avr 2013 - 17:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Plume de Braise, ta fin n'est que le commencement de toutes choses.   Mar 2 Avr 2013 - 21:45

Je suis préssée de connaitre la suite ! ^^

Je trouve que tu écrit super bien !
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MessageSujet: Re: Plume de Braise, ta fin n'est que le commencement de toutes choses.   Mar 2 Avr 2013 - 22:10

Merci, c'est super gentil !! ^^
La suite arrivera dans la semaine... :)
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MessageSujet: Re: Plume de Braise, ta fin n'est que le commencement de toutes choses.   Mar 27 Aoû 2013 - 19:58

Ok, j'ai pris BEAUCOUP de retard, cela fait plusieurs mois que je n'ai pas continuer l'histoire etc... J'en suis vraiment désolée, mais j'ai été débordée.
Donc voilà la suite, en m'excusant vraiment.



Chapitre 3

Petite Braise




***


Je dormais, au milieu des étoiles, au pays des rêves. Une chatte s’approchait de moi, m’observait tendrement, en me souriant, et me léchait mon poitrail blanc. Elle m’emmenait dans les nuages, et j’attrapais une grosse souris, aussi grande qu’un chêne… Toute fière je la ramenais au camp et me faisais nommer officiellement meilleure chasseuse de tous les temps.
- Petite Braise !
- Hum ? Quoi ? répondis-je après avoir sursauté.
L’un de mes frères venait de me réveiller, et par la même occasion de m’extirper de ce si beau rêve. Je ne pus m’empêcher de lui en vouloir, avant même de le reconnaitre.
Il a intérêt à avoir trouvé une bonne raison de me réveiller en pleine nuit, celui-là !
En me frottant les yeux avec ma patte, ma vue s’habitua à l’obscurité de la nuit, et je dévisageai alors Petit Loir, qui semblait très embêté. Il se dandinait sur place, comme s’il avait fait une bêtise, exactement dans la même position que le jour où il s’était échappé du camp en douce.
- Qu’est-ce qui se passe ? lui demandai-je, soudain curieuse.
Petit Loir, pourtant si aventurier et courageux, qui possédait presque le même caractère de feu que moi-même, me semblait alors réticent à me parler. Pourquoi donc ? Aurait-il encore fait une bêtise ?
J’attendis qu’il se mette à parler, ce qu’il ne tarda pas à faire :
- Ecoute… Heu… Je dois aller faire mes besoins, mais je n’ose pas y aller seul. Tu m’accompagnerais ?
Je ronronnai. Ce n’était que ça. J’avais eu peur que Petit Loir se soit encore attiré des ennuis, mais il avait juste peur de rejoindre seul la fosse à quelques longueurs de renard où les chats du Clan allaient se soulager. Il fallait dire qu’il faisait très froid et très sombre, en dehors de la pouponnière. Je comprenais qu’il ne veille pas sortir seul la nuit, car moi aussi, j’étais effrayée.
- Pourquoi n’as-tu pas demandé à Boule de Neige ou Petit Bourdon ? Ou encore Petit Mystère ?
- Je me suis disputé avec Petit Mystère aujourd’hui, répliqua le chaton fauve. Petit Bourdon est tellement froussard qu’il n’aurait pas voulu m’accompagner. Et Boule de Neige… ben je préférais avoir ta compagnie.
Je savais ce qu’il voulait dire. Leur frère au pelage immaculé n’était pas le genre de chat qu’on choisissait lorsqu’il s’agissait d’une aventure, ou d’une quête dangereuse. Très petit et frêle, Boule de Neige était le plus fragile de leur portée. Très intrépide, il s’entendait à merveille avec Petit Mystère, l’un de leur frère de lait. Mais il n’avait pas l’étoffe d’un futur apprenti du clan du Tonnerre.
Je jetai un coup d’œil aux trois chatons encore endormis, tous lovés contre le ventre chaud de la mère de Petit Bourdon et Petit Mystère, notre mère adoptive : Blanche Rose. Ils dormaient tous à point fermés. Apparemment, le temps d’une nouvelle petite escapade avec Petit Loir était venu pour moi, alors je lui disais :
- Bon, allons-y, mais vite, je ne veux pas traîner ! Avec un peu de chance, si je me rendors, je continuerai mon rêve…
Petit Loir étouffa un éclat de rire, et me fit signe de le suivre avec sa queue. Nous nous avançâmes au milieu de la clairière… Je savais bien où se trouvait la fosse que nous recherchions. Elle était située au bout d’un petit sentier qui partait de derrière le gîte des guerriers. Lors de nos nombreuses expéditions, c’était toujours moi qui prenait la tête, alors, ne voyant pas pourquoi il devait en être autrement cette fois-ci, je dépassai mon frère, et traversait d’une traite le centre du camp, afin de me retrouver sous des fougères, à côté du gîte des guerriers. Là, j’attendais Petit Loir. Puis, nous allions tranquillement jusqu’à la fosse.
Pendant qu’il se soulageait dans un coin, j’observai la forêt autour de moi. Sans trop savoir pourquoi, un mauvais pressentiment m’envahissait peu à peu… Le silence qui régnait était inquiétant, et en même temps, je me sentais observée. Rien de très rassurant, donc. Je voulu faire part de mes impressions à Petit Loir, mais le chaton fauve avait déjà senti le danger, car il m’intima le silence d’un regard, puis me rejoignit en quelques bonds. Il me glissa alors à l’oreille :
- Ne bouge pas… Il y a un guerrier à quelques longueurs de queue de renard de nous. Là-bas !
Je fixai le point obscur qu’il m’indiquait. En effet, tapi au milieu du buis, un chat aux yeux jaunes rampait. Il ne portait pas l’odeur de mon clan, si bien que je me mis à grogner. Bientôt, un autre guerrier le rejoignit, puis un autre, et encore un autre. A voir leurs têtes, je devinais qu’il s’agissait des chasseurs d’un des trois autres clans, et qu’ils préparaient une attaque surprise, en pleine nuit, de notre camp. Petit Loir commençait à s’agiter à mes côtés. Moi aussi, je ne me sentais pas très bien…
Que devons-nous faire ?
Je savais que contre tous ces combattants, nous n’avions aucune chance. S’ils nous attrapaient, nous étions morts. Alors, comment retourner à la pouponnière, et en même temps avertir notre clan ? La solution s’imposa d’elle-même quand un guerrier gris à l’air particulièrement féroce braqua son regard luisant sur nous et miaula de surprise en nous découvrant. Il ne nous restait plus qu’à fuir. Je prenais mes pattes à mon coup et hurlait :
- Petit Loir, cours !
En quelques instants, nous étions derrière le gîte des guerriers. Mais les chasseurs ennemis nous avaient coursés, et le mâle gris étaient presque sur nous, je pouvais sentir le souffle de son haleine fétide caresser ma croupe…
Quand soudain, faisant preuve d’un héroïsme sans égal, Petit Loir cessa sa course dans un dérapage contrôlé pour se retourner et donner un coup de griffe sur le museau du guerrier, totalement pris au dépourvu. Cela me transmit l’énergie nécessaire pour hurler devant le gîte des guerriers :
- Le Clan est attaqué ! Au secours !
En une seconde, Saule Pleureur sortit de l’antre des guerriers et sauta sur le mâle gris, qui levait une patte pour trancher la gorge de mon frère. Tandis que les guerriers ennemis s’engouffraient dans la clairière et que les combattants du Tonnerre sortaient de leur nid de mousse pour se défendre, un chat que je connaissais bien m’attrapa par la peau du coup. Je reconnus immédiatement sa fourrure noire et blanche… Il s’agissait de mon père, Poil de Belette. Il me transporta jusqu’à la pouponnière, puis retourna dans la bataille chercher Petit Loir. Ils ne mirent pas longtemps à revenir. Blanche Rose nous fit alors entrer dans la pouponnière, et nous ramena auprès de nos frères. Encore tout haletant, nous nous écroulions au sol.
- Bande de sots ! feula la reine. J’ai bien cru qu’un ennemi vous avez tué quand j’ai vu que vous n’étiez pas dans la pouponnière alors que quelqu’un donnait l’alerte…
- C’est nous qui…, commença Petit Loir, courageux.
Mais la chatte blanche le coupa d’un coup :
- Je ne veux pas entendre vos excuses ! Je dois aller me battre… C’est le Clan de l’Ombre qui attaque notre clan ! Je vais défendre l’entrer de la pouponnière. Vous, restez bien cacher ici, avec Plume Mauve.
Plume Mauve était une reine qui attendait des chatons. Une fois que notre mère fut partie, je me tournais vers tous mes frères, et leur lançai :
- Je connais une brèche dans la pouponnière par laquelle on peut voir la clairière… Qui veut assister au combat ?
Petit Mystère glapit de joie, et les autres hochèrent vigoureusement la tête. Tout le monde était d’accord. Je les conduisais donc jusqu’à la brèche, et nous nous pressions tous contre la paroi du buisson afin de voir les fiers guerriers de notre clan essayé de repousser l’envahisseur. La bataille semblait faire rage : des félins roulaient dans la poussière, des crocs luisaient à la lumière lunaire, du sang coulait sur le sol... Mais moi, tout comme Petit Loir et Boule de Neige, je ne cherchais qu’un seul guerrier parmi la foule : Poil de Belette, notre père. Il combattait bravement une chatte rousse au regard féroce et aux griffes impressionnantes.
Quand soudain, un guerrier gris sortit des fougères environnantes, et accourut vers mon père. Je le dévisageai longuement. Il ne ressemblait pas à un guerrier du Clan de l’Ombre, et ne portait pas leur odeur. En réalité, il était très différent de tous les chats rassemblés dans la clairière : plus grand qu’eux, il était pourtant moins large, et avait des pattes plus fines, mais des coussinets ronds. Son museau était différent des leurs aussi… Mais ce qui était frappant chez ce chat, c’était de loin les horribles cicatrices qu’ils portaient aux pattes.
Je le regardai s’avancer, sa fourrure grise clair prenant des reflets argentés sous la lune. Il s’approchait de mon père, les crocs découverts. Poil de Belette, qui venait de faire fuir la chatte rousse, la regardait partir en feulant, et ne se doutait pas le moins du monde qu’un autre matou s’apprêtait à l’attaquer par l’arrière. Je poussai alors un gémissement déchirant. J’aurais voulu le prévenir : « Attention, Papa ! »
Mais c’était trop tard. Le matou gris sauta sur mon père, et dans une prise que je n’avais jamais vue, enfonça ses crocs dans la nuque du vaillant guerrier du Tonnerre. Je regardai, abasourdie, tous comme Petit Loir et Boule de Neige, l’être que j’aimais sans doute le plus au monde avec mes frères tombé au sol dans la poussière, ses yeux vitreux tournés vers nous. Alors, avant que nous ayons pu réagir, le guerrier gris braqua ses yeux pile vers nous, et nous fixa avec une lueur de satisfaction qui m’étais insupportable, avant de quitter les lieux en vitesse.

***

Trop choquée pour parler, je regardai mes frères de sang et voyais dans leurs yeux la même détresse que celle qui m’emplissait le cœur.
Oh, Clan des Etoiles, non !
Nous réagîmes alors comme un seul être : nous nous précipitâmes dehors, laissant Petit Mystère et Petit Bourdon seuls avec Plume Mauve. Il était là, devant la pouponnière, en train d’agoniser. Mon père. Le seul être que j’avais toujours admiré.
- Papa ! miaula Boule de Neige en bondissait près de lui.
Petit Loir renifla le cou de notre père, indifférent à la bataille qui se déroulait autour de lui. Une profonde entaille, mortelle, saignait abondamment, répandant du sang chaud sur nos petites pattes de chatons.
- Papa, dis quelque chose ! gémit Petit Loir.
Moi, j’observais les yeux de mon père, qui nous fixait intensément. Dans un dernier souffle, il réussit à dire :
- Mes enfants… Je vous aime… tellement !
Puis sa tête retomba sur une touffe d’herbe dans un choc sourd.

Il était mort.
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MessageSujet: Re: Plume de Braise, ta fin n'est que le commencement de toutes choses.   Mar 27 Aoû 2013 - 20:03

C'est trop cool. *Q*
Hâte d'avoir la suite. <3
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MessageSujet: Re: Plume de Braise, ta fin n'est que le commencement de toutes choses.   Mer 28 Aoû 2013 - 18:47

Chapitre 4

Griffe d'Argent




***

Je me délecte de ma vengeance, qui était si parfaite… Dans mon esprit, je revois le regard surpris de Poil de Belette au moment où je goûtais sa chair, où j’enfonçais mes crocs dans sa nuque… Le goût métallique de son sang a laissé dans ma bouche une trace, qui m’encourage à passer ma langue sur mes babines à chaque instant. Mais plus encore que le goût de la mort, j’ai découvert le festin de la vengeance ! Enfin, je l’ai tué, ce chat, que je m’étais juré de détruire. Ce chat qui m’a obligé à regarder Ambre Nacré grossir de jours en jours, en sachant que les petits qu’elle attend ne sont pas de moi… Ce chat que j’avais surpris avec ma belle une demi-lune plus tôt. Enfin bon, peu importe : mon stratagème a marché, il était tellement bien calculé ! Attaquer ce guerrier au moment d’une bataille inter-clanique, quelle sublime idée ! Il faut dire que cela faisait des aubes et des aubes que j’attendais caché dans la forêt une bataille… Mais maintenant que cela a réussi, qui, qui donc pourrait un jour découvrir que ce n’est pas un chat du Clan de l’Ombre mais moi-même, l’imbattable Griffe d’Argent, qui a tué le « valeureux » Poil de Belette ? Personne ! Enfin, personne, sauf…
Je me souviens des trois petites boules de poils qui me fixaient par une brèche de la pouponnière. Je sais qui sont ces trois chatons. En effet, je me suis bien renseigné sur ce chat, Poil de Belette. Et je sais qu’il s’agit de ses enfants ! Petit Loir, Boule de Neige et bien sur… Petite Braise. C’est elle qui m’a le plus marqué. Quand j’ai croisé son regard, malgré l’obscurité de la nuit, j’ai tout de suite vu l’étincelle qui brillait dans ses yeux. Je pressens que c’est elle qui va me donner le plus de fil à retordre ! Car en effet, j’ai prévu de tuer ces trois minuscules félins, parce qu’à mes yeux la descendance de Poil de Belette mérite de mourir.
Mais, habile, j’ai décidé de ne pas les tuer tout de suite. De les laisser un peu pleurer leur père, et un jour, quand ils seront grands, je leur donnerai une chance de m’affronter. Ne suis-je donc pas loyal ? J’attends de les voir grandir pour pouvoir mesurer mes forces aux leurs. Ainsi, nous verrons, qui de moi ou des enfants de Poil de Belette est le plus fort ! Qu’est-ce que j’adore mes plans maléfiques, hehehe…

***

Plongé dans mes pensées, à festoyer ma vengeance, je ne vois pas le fossé qui s’ouvre devant moi. Je plonge donc dans les fougères et dévale une pente de quelques longueurs de queue de renard. Je m’étale de tout mon long en bas du fossé, au milieu d’un plant de champignons malodorants. Décidément, je suis fatigué… Cela fait maintenant longtemps que je cours dans les bois à en perdre haleine. Directement après avoir fini mon meurtre, j’ai quitté le territoire du Clan du Tonnerre en vitesse, et j’ai entrepris le voyage qui me ramènera chez moi, dans mes montagnes froides, dans la Tribu Noire. Mais je ne me suis pas arrêté de toute la nuit, et maintenant que l’aube ne va pas tarder à apparaître, je sens mes forces me quitter. Et ma chute m’a fait mal à la patte…
Peut être est-il plus sage d’attendre demain pour reprendre ma route. Un peu de repos me fera le plus grand bien !
Je m’allonge donc au pied d’un chêne, me roule en boule sur les feuilles mortes et m’endors aussitôt.

Quand je me réveille, le soleil est très haut dans le ciel. Il a même dépassé son zénith. Je comprends alors qu’on est l’après-midi, et que j’ai trop dormi. Il ne faut pas que ma tribu m’attende plus longtemps !
Afin de pouvoir accomplir ma vengeance, j’ai fait croire à mon chef que j’allais explorer le territoire entourant celui de notre tribu, mais si je tarde trop, il aura des doutes. Je me suis déjà absenté tellement de temps !
Je me remets donc à courir, sans même prendre la peine de chasser, bien que mon estomac soit vide. Bientôt, j’aperçois entre les arbres les montagnes… Je serai à la maison avant le coucher du soleil, sans doute. J’accélère donc l’allure. A présent au bas des premières collines, je sais qu’il y a une ascension à faire pour parvenir à mon camp, qui se situe dans une belle grotte. Mais je ne me décourage pas. Le crépuscule me force à avancer de plus en plus vite…
Quand la nuit commence à tomber, j’arrive enfin à mon camp. Immédiatement, je me fais entourer par un nombre important de chats rayés, qui viennent me saluer. Après avoir observé les chats des clans pendant si longtemps, cela me fait du bien de retrouver les miens. Beaucoup me posent des questions :
- Oh, Griffe d’Argent ! Où étais-tu ?
- Certains prétendaient que tu étais parti pour toujours, est-ce bien vrai ?
- Le chef nous a expliqué que tu partais en expédition !
- Mais tu devais revenir il y a plusieurs aubes déjà… Tu as eu des ennuis ?
- Que t’es-tu fait à la patte ? Elle saigne !
Ne pouvant répondre à tout le monde à la fois, je souffle donc simplement :
- Je suis fatigué !
Et immédiatement, tout le monde s’écarte de moi pour me laisser rejoindre le gîte où nous dormons tous… Quand soudain, mon chef apparait, majestueux, féroce, et me demande d’une traite :
- Griffe d’Argent ! Tu as été long… Ton expédition devait pourtant restée très locale. Je veux une explication !
Je réfléchis à toute vitesse, cherchant une excuse, et je ne réussis qu’à bredouiller :
- J’ai… J’ai rencontré des renards… Des dizaines de renard, chef ! Toute une colonie. Afin de protéger la Tribu, j’ai décidé de ne pas revenir tant que je ne les aurais pas tous chassés jusqu’au dernier !
Le meneur me sourit alors, convaincu que je dis la vérité. Je sais qu’il est fier de moi. Il l’a toujours été, après tout. Il me dit donc :
- Parfait ! Tu es un valeureux guerrier, Griffe d’Argent… Va te reposer. Et en fait : Ambre Nacré a eu ses chatons aujourd’hui même.
Le chat m’adresse alors un clin d’œil complice. Je sais très bien ce qu’il pense : comme toute la Tribu, il est convaincu que c’est moi le père des chatons, alors que je n’ai jamais approché Ambre Nacré. Serai-je donc à jamais le seul à savoir la vérité ? Le seul à savoir qu’Ambre Nacré est une traitresse ?
Enfin non, plus maintenant… Le chat qui était la cause de sa traitrise n’est plus.
L’annonce de la nouvelle me remplit quand même de joie. Si Ambre Nacré a eut ses chatons, elle sera sans doute dans un état de faiblesse, qui me sera alors peut être profitable… Je me dirige vers la cavité rocheuse où dorment les chattes ayant eu des chatons. Je la vois alors : allongée sur le flanc, entourée par de petites boules de poils tigrés. Je m’approche d’elle et lui murmure :
- Oh ! Félicitations ! Ils sont magnifiques…
La chatte semble heureuse du compliment, et elle me sourit avant de répondre :
- Griffe d’Argent… Tu m’as manqué ! Tu sais, c’est curieux, mais au camp, tout le monde pense que c’est toi le père de mes chatons !
- Ah bon ?! fais-je d’un air faussement surpris. Mais si ce n’est pas moi, alors qui est-ce ?
Je sais que je viens de toucher un point sensible. Elle se raidit…
- Je n’ai pas à te le dire si je n’en ai pas envie ! réplique-t-elle, sur le qui vive.
- Oh, Ambre Nacré… Je suis désolé pour toi.
- Et pourquoi donc ? me demande-t-elle, méfiante.
Je sais que  je m’apprête à lui briser le cœur, mais je sais également que je n’ai pas le choix. Cela fait parti de la vengeance, du plan. Alors je dis :
- Ton cher Poil de Belette est mort.
- Quoi ?!
Elle semble bouleversée. A la fois parce qu’elle ne savait pas que je connais l’existence de Poil de Belette, et à la fois à cause de la terrible nouvelle.
- Je l’ai rencontré pendant mon expédition, je continue. Il se faisait attaqué par un blaireau sur la route allant jusqu’à votre lieu de rendez-vous. Je l’ai sauvé en tuant le blaireau d’un coup de crocs. Mais malheureusement, ses blessures étaient trop grave… Avant d’expirer, il m’a tout raconté, votre aventure, le fait que tes chatons étaient de lui… tout. Et il m’a demandé de te transmettre ses adieux.
Au début, j’ai cru qu’elle n’avait aucune réaction. Elle restait les yeux béants, la gueule ouverte, à me regarder comme si elle n’arrivait pas à assimiler les paroles que je venais de prononcer. Puis, frappant sa tête contre la paroi, elle pousse un hurlement déchirant. (« Non !!! »)
J’essaye d’avoir l’air désolé, et de pleurer. Mais en moi, je ne fais que ricaner :
Tu vois, Poil de Belette, comme elle souffre… Tu vois, de la haut ? Toi qui es persuadé d’être une étoile ? Elle souffre à cause de toi !
Et, profitant une dernière fois de la détresse de ma bien aimée, je lui souffle :
- Ambre Nacré ! Pense à tes chatons… Ils vont avoir besoin d’un père… C’est important pour eux comme pour le reste de la Tribu !
Elle continue à sangloter en hochant la tête, montrant ainsi qu’elle était d’accord.
- Si tu veux, je pourrais être ce père…
- Toi ?! couine-t-elle entre deux hoquets.
- Et pourquoi pas ? J’ai tué le blaireau qui a vaincu Poil de Belette ! Je suis un héros ! De plus, jamais tu ne trouveras de père plus attentionné que moi… Je peux le faire Ambre Nacré…
Tout ce que je raconte n’est qu’un tissu de mensonges, mais je m’en fiche. Tout ce que je veux, c’est qu’elle accepte. Qu’elle dise oui. Car le jour où je me dresserai contre les enfants de Poil de Belette, si mes propres enfants – où du moins les chats qui penseront être mes enfants - me soutiennent dans la bataille, cela ne sera que mieux.  
Alors elle répond, d’une voix ferme :
- Très bien, Griffe d’Argent, j’accepte.
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