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 [TEXTES] Mon monde, ma Plume.

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MessageSujet: [TEXTES] Mon monde, ma Plume.    Sam 2 Fév 2013 - 15:43

Bien le bonjour. Alors, je tiens déjà à préciser que le plagiat est strictement proscrit, que ces textes sont sortis de mon esprit seul, de mon vécu ou autre. Après, je les ai écrits et postés sur ma page Facebook donc si vous les avez déjà vus c'est normal. Sur ce, bonne lecture à tous. ♥




Aujourd'hui je vogue sur l'océan de mes mots, je pleure mes phrases perdues et je fais naufrage sur l'île de mes écrits déchus. Mon bateau n'était fait que de la syntaxe de ma vie, de mon envie de liberté, de mon oubli du passé. Le temps presse et se détraque, le bateau se casse. Je suis seule alors sur l'îlot de mes désirs, de mes frasques, de mon destin, de mes rêves. Le paysage, tel celui de Stevenson, m'appelle et me nargue, me souffle, me murmure des promesses que je ne pensais plus entendre. Je me laisse alors aller, je laisse mon corps se vider de mes envies d'évasion. Je ne vois pas la nuit tomber, la Terre continuer de tourner. Je suis dans un monde fantastique donc je ne sortirai pas vivante, je suis perdue dans le sable de mes délits. Je suis une criminelle de l'écriture, j'ai souhaité écrire ma vie. Ma plume parachève ces lignes tandis que vogue vers le soleil. La lumière revient car sans elle je n'étais rien. Et je meurs. Doucement, dans le flot de mon histoire, de mon récit, de mon existence. L'humanité me quitte lorsque je pousse mon dernier râle. En écho à ce poison qui me délivre, l'on entend les oiseaux de la narration sonner leurs dernières mélodies.



J'ai envie de leur foutre dans le cul, leurs regards plein de haine. J'ai envie de hurler ce que je suis. J'ai envie de t'embrasser devant eux. J'ai envie que tu m'aimes un peu. J'ai envie que tu arrêtes d'aimer les gars. J'ai envie que tu me sers dans tes bras. Tu sais que je t'aime, que t'es tout pour moi. Tu sais que mon monde, tourne autour de toi. J'ai envie de brandir bien haut ces couleurs. J'ai envie de hurler LGBT dans la rue, de tout mon coeur. J'ai envie d'être égale à ces putains d'hétéros. J'ai besoin de ne plus être rejetée comme j'ai besoin d'eau. Alors maintenant arrêtez avec toutes vos remarques. Arrêtez avec vos manifestations. Arrêtez avec vos arguments qui ne servent à rien. J'ai envie d'être tranquille. J'ai envie de pouvoir aimer sans me soucier de l'orientation. J'ai envie de tellement de choses. J'ai envie de ne pas savoir que ce n'est pas possible, qu'il y a des cons sur la Terre. J'ai envie de l'embrasser, elle. J'ai envie de serrer son corps contre le mien. J'ai envie qu'elle me tienne chaud. J'ai envie qu'elle me murmure des je t'aime. J'ai envie qu'elle m'aime.
J'ai jamais aimé dire je t'aime, mais avec elle ma langue s'est déliée, avec elle j'ai espéré et sans elle j'ai sombré.



Rouge, j'crois qu'il est rouge le ciel ou bien jaune, ou vert ? Je sais plus, j'm'en souviens plus. Comment je m'appelle déjà ? Gertrude j'crois bien... À moins que ça ne soit Philippe... J'suis un mec ou une femme ? J'ai plus aucuns souvenirs, j'ai plus cette vision panoramique sur ma vie, j'ai plus cette rage de vivre, j'ai plus de sensations et de sentiments. Je crois que je perds la tête. Des fois j'aboie, c'est plus fort que moi. Je cherche mon identité mais... elle ne vient pas. J'ai peur de ne plus me retrouver, j'ai peur d'être paralysé. J'ai une famille au moins ou je vis avec les oiseaux ? J'aimerais bien voler, sauter de l'immeuble. J'crois qu'on appelle ça suicide. Dans la rue on me regarde bizarrement, je comprends pas. C'est quoi tous ces regards d'ailleurs, j'ai quoi de spécial ? Vous savez, je crois qu'ils sont tous fous. À lier même. Quels drôles de spécimens !



Elle est où l'humanité là-dedans, il est où le rêve des hommes ? Envolés les espoirs que je me faisais du monde, envolées les croyances que je possédais. Avant. Y'a plus que guerres, la Terre est à feu et à sang. La Terre a mal. La Terre pleure. Le sang seul teinte son corps d'un naturel qui disparaît, elle enfile une robe de deuil, prépare nos cercueils. La Terre a vu mourir les hommes, a vu naître des femmes. La Terre en a fait marcher plus d'un. La Terre nous fait vivre, si vous saviez. Alors, j'en ai la tête à l'envers de voir tant de hargne déchaînée contre elle, de voir tant de flammes sur sa tête d'ange. Où il est l'instinct de survie, où il est l'espoir d'une vie ? Alors, vous voulez mourir c'est cela ? Suicide collectif ? Ouvrez les gaz, prenez vos couteaux, jetez vous de l'immeuble mais laissez la en paix, laissez nous en paix. Laissez la mère de la Patrie glisser dans l'inconscience des jours heureux. Quand tout allait bien. Laissez la respirer une dernière fois avant de prendre son coeur et de le trancher. Laissez la sentir le frêle bonheur avant de la tuer chers Hommes, avant que vous n'abattiez sur elle vos foudres meurtrières.



Sang. Hurlement déchirant la plaine. Fusil sur l'épaule. Traces de pattes. Ils vont te trouver, alors fuis, fuis pour ne pas te faire tuer, pour ne pas que le fer déchire ton poitrail, pour ne pas que le sang tâche la blanche neige, pour ne pas que ton cri alerte le monde.
Les hommes, féroces, te suivent, te veulent, te huent, te visent. Tu es seul face au monde, tes comparses morts autour de toi. Vient la faucheuse, tu t'écroules, tu fais le mort. « Pan. » Ils ont tiré, ils t'ont tué. Montres sans coeur. Cadavre écarlate que tu es devenu, crocs acérés pendant de ta gueule, faiblement. Ta force ne t'a pas servi, ta beauté t'a détruit, et aujourd'hui tu tâches le sol de la forêt, toi, le fier animal, toi le fier soldat, toi. Le loup.



T'es là. Toujours là. T'achèves mes pensées, tu complètes mes phrases, t'es dans ma tête. Qui es-tu ? Un monstre de soie, un animal perdu ou une bête sauvageonne ? Je ne dors plus la nuit, je ne vois que tes yeux d'un bleu carnassier. J'ai peur. Je crois. Tu m'empêches de penser correctement, tu m'empêches de réfléchir, tu m'empêches de vivre. Dis moi, dis moi pourquoi, comment, qui. Tu me parais froid être de chair, tu me parais froid. Approche, je ne te ferai aucun mal, tu ne subiras aucun supplice, juste celui de ma question, la seule qui hante ma vie. « Qui es-tu ? » Le saurais-je un jour, ou vais-je mourir, dépitée, sans aucune autre réponse que celle de ma folie ? Mais bien sûr, tu es peut être ma folie, je suis peut être folle à lier, bonne à interner. Tout s'explique. Je suis déçue d'un côté, moi qui t'imaginait en grand loup, en beau super-héros, en faucheuse mortelle. En monstre de mes nuits.



Morgane, regarde toi, regarde le Monde. C'est qu'une Saperlipopette de vie tout ça, une Saperlipopette de vie qui t'assèche, une Saperlipopette de vie qui se rebelle contre toi. Ne te laisse pas surmonter par cette chienne, ne la laisse pas te battre. Pleure si tu en as envie, casse les murs, casse tout, tu n'as qu'à hurler, tu n'as qu'à crier. Cette foutue existence te mènera loin si tu la combats, si tu ne recules devant rien. N'oublie pas que tu es forte, que tu es belle, sensationnelle. N'oublie pas que tu as des gens derrière toi. Dont moi. Un peu. Je crois. Tous seront là pour te soutenir si tu chutes, pour te relever si tu tombes, pour t'aider si tu sombres. Bombe le torse, lève la tête, regarde le ciel. Crache lui ta haine à la gueule. Et vis. Vis bordel, comme si c'était le dernier jour du reste de ta vie, comme si tu n'avais rien d'autre à faire, vis pour eux, pour nous, pour toi. Vis pour tous ceux qui tiennent à toi. Dont moi. Je crois.



Très chère,

Tu ne me connais pas. Je ne pense pas que tu sois apte à cela d'ailleurs. Que tu le veuilles ou non, l'on se connaît, l'on se ressemble. J'ai ressenti deux mois durant ce que tu ressentais. Deux mois durant je mangeais ce que tu mangeais, je buvais ce que tu buvais. Et il faut bien le dire, je baisais ce que tu baisais. Tout ces petits cons comme tu disais, je les ai malgré moi connus aussi. J'ai entendu tes mots, tes paroles. Au fil du temps, j'ai appris. Appris à te connaître, à t'aimer. Appris à te découvrir, appris à te montrer. Montrer que j'étais là. Depuis, tout a basculé.
Il n'y a plus que vide autour de moi, tourment de la mort. Blanc et noir se succèdent, palette de couleur infinie, fade, triste. Il n'y a que cris, hurlements. « Ô désespoir » dit-il. Oui. C'est le mot. Désespoir. Je suis désespéré, ou bien désespérée ? Je ne peux pas le savoir, je n'ai pas de sexe, rien d'humain. J'ai juste ce morceau de cœur qui bat, trop faible pour me laisser vivre, trop puissant pour m'abandonner à la mort. « Regarde » m'a soufflé le mourant qui gardait la porte de ma nouvelle vie. Regarder quoi, regarder qui ? À présent j'ai compris. Cela fait neuf longues années que je ne suis plus. Tu m'as oublié, ou bien oubliée. Tu as construit ta famille, ton monde, ton empire. Tu es devenue médecin. Tu es devenue mère. Tu es devenue femme. Tu tiens la vie des tes patients entre les mains. Droit de vie ou de mort. Laisser mourir ou laisser vivre. Rires ou pleurs. Cris ou sourires. Jamais je n'aurais cru te voir atteindre cette position, ce statut. Tu es et resteras celle qui m'a abandonné – ou bien abandonnée ? - à mon sort. Ce triste sort. Qui fait que je hais ta vie. Que je hais la sienne. Que je hais la leur. Que je hais. Tu es et resteras celle qui m'a donné la vie. Tu es et resteras ma génitrice. « Je veux avorter » est et restera la phrase que je maudis le plus, que je maudirai le plus.
Cordialement tienne.

Ta fille. Ton fils. Ton fétus. Ton héritier. Ta victime. Ton cauchemar. Ton orgueil. Ton mépris.



J'étais à l'école. Avant. On m'avait demandé qu'elle était ma plus grande peur. J'avais écrit « Rien ». Rien. Ils n'avaient pas compris. Le Rien est un tout, un être maléfique qui me ronge depuis toujours. Il est le vide, le néant. Je n'ai plus rien, plus de famille, plus d'amis, plus de toit. Je n'en n'ai jamais eu, juste cette personne qui m'a lâchement abandonnée quand elle a su que j'étais différente. J'avais aussi écrit « Folie ». J'ai peur de moi-même, je me crains, je me combats. Cycle vicieux. Ma folie sombre et incontrôlable me fait vaciller dans les ténèbres qui m'obsèdent depuis toujours. Les voix m'appellent. Les visions me brouillent. « Peur » était arrivé en troisième. Oui, j'ai peur de la peur, peur d'avoir peur, peur de ce que me réserve l'avenir. Je ne crains rien mais je crains tout. Tel est mon hargneux et harassant combat. Oui, j'ai peur de Rien, de ma folie, de la peur, j'ai peur de tout, j'ai peur de toi, j'ai peur de moi. Un peu. Beaucoup.



J'ai pas envie de faire mes adieux au monde, j'ai pas envie de vous serrer dans mes bras. Allez jeter vos fleurs, votre amour, votre pitié, allez préparer ma tombe, allez sécher vos larmes. Rassemble toutes mes affaires. Le bleu c'est ma couleur préférée tu sais, j'ai envie que tu m'enterres avec elle. J'ai même plus la force de bouger les lèvres. Elles ne sont faites que de crevasses, sèches comme la mort qui m'enlace. Je n'ai pas peur tu sais.
Arrête de me regarder. J'ai trop changé, je suis hideux, je suis moche. Je n'ai plus de poils, je n'ai plus cette vie dans le regard, je n'ai plus de force, je n'ai plus rien. Arrête la chimio, je veux mourir en souffrant, je veux mourir dignement. Prends ce calendrier et compte. Les jours qu'il me reste. S'il te plait. Je suis déjà mort, déjà enterré, déjà parti. Dis moi au revoir, une première mais dernière fois, dis le en le pensant, dis le en le croyant. Dis le. Je veux que ce soit vrai, je veux que tu pleures, je veux que tu vois la dure réalité, je veux que tu vois que je m'en vais. « Car la partie la plus dure dans tout ça, c'est de te quitter. »



J'ai l'impression d'être seule contre le monde, de sombrer encore plus dans mon abîme de désespoir personnel. J'ai l'impression de ne plus rien avoir à dire, plus rien avoir à faire ici. J'ai l'impression que je ne vais manquer à personne. L'espoir est parti, émiettant mon coeur. J'ai crié. C'était la seule chose à faire. J'ai l'impression de ne plus ressentir la joie, le bonheur, le manque et l'effroi prenant leurs places. J'ai l'impression de n'être faite que de rage. J'ai envie de partir, de me laisser aller, de dire au revoir. J'ai l'impression d'être seule contre le monde, de sombrer encore plus dans mon abîme de désespoir personnel.


Je suis désolée. Désolée d'avoir causé autant de pleurs, de cris et de découragements, désolée de ne pas avoir été à la hauteur. J'ai échoué dans ma quête du bonheur. Je suis désolée d'avoir voulu l'amitié et je suis désolée d'avoir compris trop tard que ça ne pouvait se faire pour moi. Je suis désolée d'avoir à courir après la vie. Je suis désolée d'avoir à traverser des ponts et des rivières pour vous trouver. Je suis désolée de tout les malheurs de cette Terre. Je suis désolée d'être conne. Je suis désolée de partir si vite. Je suis désolée d'envier les morts. Je suis désolée. Je suis désolée d'être désolée. Et surtout. Je suis désolée d'être née.



La valse de mes mots s'enchaînent tels des nuages dans cette immensité azur, dans ce ciel de cristal. Il pleut. J'admire la vie, j'admire le soleil, j'admire le ciel. J'admire. Regarde Maman, l'eau tombe, en trombe. Le temps se fige, l'horloge se casse. Je danse sous la pluie, je n'en peux plus mais mes pieds ne s'arrêtent pas, le mouvement s'amplifie. Je suis heureuse. Je pleure de joie, je pleure de rire. Je suis ivre de bonheur, je suis ivre de vie, ivre de rien mais ivre de tout. Je me saoûle à l'encre de ma plume, les mots tels les gouttes infimes d'eau de ce firmament bleuté. Je ris, je savoure, je suis. J'aime la vie, j'aime ma vie, j'aime sa vie, j'aime ta vie. J'aime tout ça Maman. Je hurle, je respire, je vis. J'écris. J'écris. Oh oui, j'écris.



Le diable est à côté de toi. Bras ouverts. Sourire figé, sarcastique, fiévreux. Apparence maudite. Griffes cornées. Aura maléfique. Ami de la mort, de la passion, de la folie. Père des cieux infernaux et des risques mortels. Géniteur de l'inculture, du mal, de la tuerie. Frère du bien, opposé à ce dernier. Le diable est à côté de toi. Il sent ton souffle. Il gémit. Il rit. Ne respire plus, souris à la vie. Essaye de sentir le poison qui enchaîne ton être. Bats toi. Sors de son emprise. N'aies plus peur d'oser. Être futile que tu parais être. Geignard. Faible. Tu as peur de lui, de tout. Il se rapproche. Un peu plus, un peu plus près. Bras qui enlacent ton corps. Il te tient. Tu meurs. À petits feux. Tu meurs. Dans l'inconscience de ce qu'il t'arrive. Tu meurs. Personne ne pensera plus à toi. Tu meurs. Être de chair, représentant de l'humanité. Tu meurs. Tu veux te battre. Tu meurs. Tu sens ton cœur ralentir. Tu meurs. Adieu petit humain intrépide.
Le diable est là. Sourire disparu. Iris farouches. Flammes de l'enfer s'ouvrant. Gouffre. Noir.



Le sang macule mes vêtements et tâche le sol sur lequel je trace mes pas. La peur suinte des pores de ma peau et je pue l'horreur et l'effroi. Je suis déchiré, de partout, de l'extérieur et de l'intérieur. Je suis mourant. Pourtant, j'ai pas envie de crever, j'ai pas envie de la voir cette Saperlipopette de de mort, j'ai pas envie de vous dire adieu. C'est contre mon gré qu'il m'a tué. C'est contre mon gré que ma vie s'arrête aujourd'hui. Pourtant, ma peau n'est pas ridée, mon cerveau ne se détraque pas. Vous savez, j'aime la vie comme j'aime l'air, j'aime mon corps comme j'aime la chaleur, j'aime tout cela comme je hais la mort. Personne ne me voit, pourtant je suis l'image propre de l'horreur. Appelez le samu, les pompiers. Appelez la police mesdames et messieurs, car il a pris mon coeur et sans ça je ne peux vivre. Il a pris mon plaisir et mes souvenirs. Il a donné un coup à mon esprit. Le sang ne coule plus dans mes veines mais je saigne. Je saigne la honte mes amis, je saigne la honte. Aidez moi. Mais surtout, aimez moi.



Maman j'ai peur.
Maman où es-tu.
Maman je meurs.
Viens me chanter la berceuse de mon enfance, viens me dire que ça va aller, viens me serrer tout contre toi. J'ai peur Maman. J'ai peur de ne pas être à la hauteur, peur de te décevoir, peur d'échouer. J'ai peur de vivre seul. J'ai peur de ne plus te voir. J'ai peur de t'abandonner.
Tu as toujours été là. Toujours. Maintenant tu tangues entre vie et mort, tu me laisses. « Adieu » tu m'as dit. Je n'ai pas compris. Je ne voulais pas comprendre. Ils étaient douloureux ces mots, ils étaient rêches. « Laisse moi partir ». Je ne peux pas. Je sais que tu seras heureuse. Je sais que tu seras bien. Je le sais tout ça Maman. Tu bascules dans cet abîme froid.
Bip, bip, bip. Le moniteur s'affole. Je ne veux pas d'adieux, pas maintenant.
Bip, bip, bip. Je t'en supplie, reviens, tu es mon ange.
Le moniteur se calme. Fausse alerte. Tu ouvres les yeux. J'ai cette impression de vitre entre toi et moi, comme si tout était fini, comme si rien n'avait existé. « Si tu meurs, je meurs » ; Complainte folle d'un enfant désespéré. Oui, désespéré. Je suis désespéré. Mon cœur est en miettes. Mon cerveau ne fonctionne plus. Je te suivrais où que tu ailles. Je resterais avec toi. Je pense. Je ne suis pas un lâche, ni un menteur.
Bip. Battement de cœur. Tu me regardes. Je te regarde. Bip : Tu pars. Battement de cœur : Tu vis. Bip : Tu meurs. Battement de cœur : Tu restes. Bip. Tu oscilles, c'est le mot, entre la vie et la mort, entre la joie et la peur, entre le monde et le néant, entre le noir et le blanc, entre nous et eux. « Je t'aime Maman ». Battement de cœur. Bip. Je t'aime Maman, je t'aime mais j'ai peur. Ne pars pas.
Maman, j'ai peur.



Allez M'man compte jusqu'à trois, laisse le temps s'écouler et regarde le ciel. Les nuages. Le soleil. Regarde moi. Allez M'man respire et rappelle toi l'hiver. L'automne. L'été. Et ce printemps. Adieu M'man...

On nous a dit de décrire notre mère à l'école, et de la dessiner. Je savais pas ta taille, je me rappelais plus tes cheveux, tes yeux. Alors j'ai rien dit. J'avais plus de crayons de couleur, juste du noir. J'ai dessiné la grande boîte où tu dormais. Tu sais M'man, à l'école la maîtresse m'a regardé et m'a dit un mot que j'ai pas compris, il est long ce mot. Ensuite, elle a voulu voir P'pa. En parlant de lui, tu sais ce qu'il devient je pense, mais je vais te l'expliquer quand même.
Tu sais M'man, Papa il pleure tous les soirs, il dit ton nom et il serre ton parfum. Je trouve ça débile. Il m'a raconté que tu étais partie en voyage. Je lui ai demande « En avion ? » et il m'a dit oui. Je lui ai demandé « Et elle est partie voir les kangourous ? » et il m'a dit « Les anges ».

Ce début, cette ébauche de lettre plus haut, j'aurais pu te l'écrire étant petit, innocent, quand je ne savais pas ce que tu étais devenue. Maintenant je le sais et je hais. Je hais cette foutue maladie pour ce qu'elle t'a fait, je me rappelle de chaque détail de toi, de chaque pore de ta peau, chaque mot prononcé avec cette voix douce et joyeuse. Je me rappelle de toi M'man. Tu me manques encore un peu des fois. Papa s'est suicidé il y a cinq ans. C'est là que j'ai compris. Les anges sont-ils beaux ? Tu contemples de nouveau le ciel ? Tu ressens l'hiver, l'automne, les saisons ? Dis moi M'man, Papa va bien ?



Conte moi ta vie, les méandres de tes cauchemars. Raconte moi en Il était une fois qui était ton loup, qui était la méchante belle-mère. Dis moi, dis moi qui tu étais. Autrefois. Quand tout allait bien. Dis moi, dis moi comment était ta vie. Cette vie joyeuse. Fade. Morne. Raconte moi je t'en supplie, raconte moi comment, comment tout a basculé, comment ton esprit a sombré dans l’abîme noir du mal, comment cela a emporté ceci. Cela. Tout.
Tu m'avais promis que ça n'arriverait pas, tu m'avais juré que tu ne partirais pas. Tu as gâché mon innocence, loin de moi mes rêves d'enfance. J'ai longtemps cherché pourquoi, comment. Qui t'avait fait ça, qui t'avait volée à moi. Je me rappelle quand tu me bordais la nuit, que je t'aimais, Mamie. Je n'avais plus de mère, je n'avais plus de père. Juste une attache à ce monde d'ignares. Toi. Juste un amour dans ce monde de bâtards. Toi. Et puis t'es partie, loin de moi les histoires de Belle au bois dormant, de Chaperon Rouge, de princesse et de diamants, des statues qui bougent.
Mamie, tu n'es plus toi-même, tu es comme morte, possédée par une force étrangère. Je ne te connais plus. Oubliés les instants d'amour, les moments de tendresse. Maintenant mes larmes se sèchent seules avec le vent, ta main n'est plus là pour les recueillir. Tu sais, j'ai jamais eu peur de la mort quand tu me parlais, quand j'entendais ta voix, quand tu me disais que j'étais ta princesse, ta Cendrillon. Je te croyais invincible comme les héroïnes de mes contes de fée, je te croyais éternelle. Je te croyais surtout.
Conte moi mon futur, reviens moi. Vas-tu mourir, Mamie, vas-tu mourir ?



Tâche d'encre sur le papier,
Soupir désemparé.
Larme d'espoir
Puis noir.

Je n'arrive plus à espérer,
Je n'arrive plus à avancer.
Je traîne tes mots derrière moi,
Ton souffle me murmure des paroles
Tout bas.

Stylo posé,
Papier déchiré,
Ton image effacée.

Je t'aime comme il n'est pas permis,
Comme si tu étais ma vie,
Mes poumons me brûlent je manque d'oxygène,
Je meurs tellement je t'aime.

Ta lettre brûle dans les flammes de l'enfer,
Et, avec la mort, je viens de croiser le fer.
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Astre de Cristalavatar
Félin Légendaire
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Puf : Fly ou Ju'
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MessageSujet: Re: [TEXTES] Mon monde, ma Plume.    Sam 2 Fév 2013 - 18:42

Owh j'adore, c'est trop bien Dadaa ♥ **

Tu m'avais pas dis que t'avais une page Facebook =D
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[TEXTES] Mon monde, ma Plume.
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