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 [NOUVELLE] Les Mains qui jouaient

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MessageSujet: [NOUVELLE] Les Mains qui jouaient   Dim 18 Sep 2011 - 18:47

J'ai connu la Peur une nuit ; elle continuera à me hanter jusqu'à la fin de mes jours. Malgré tout, je souhaite conserver une trace écrite de ces faits. Les coucher sur du papier m'aidera probablement à ne pas sombrer dans une folie d'où l'on ne remonte pas, me convaincant ainsi que mon aventure m'est réellement advenue.

Les faits que je vais écrire, ils sont survenus il y a quelques mois, mois qui me furent insupportables. Ils se déroulèrent lors de la nuit du 20 au 21 avril, dans une maison abandonnée du Morvan, à dix kilomètres du village le plus proche. Cette maison, dont le nom se perd dans les brumes dissimulatrice de l'Histoire, a vu se dérouler entre ses murs une effroyable boucherie, au cours de laquelle tous ces habitants perdirent la vie d'une façon atroce, pour des raisons inconnues, sur lesquelles je n'ose faire d'hypothèses.

Lorsque j'arrivais au village de Jezyau, le 20 avril, j'étais fort affamé, et je décidai de m'arrêter dans l'unique brasserie du village. J'étais alors en déplacement professionnel, et la route la plus directe traversait les collines infinies du Morvan. A l'intérieur de l'établissement miteux, les conversations allaient de bon train - l'heure étant celle de l'apéritif après le travail -, et bien peu furent ceux qui remarquèrent ma discrète entrée. J'allai tout de suite au comptoir, et y commandai quelques nourritures. Lorsque je fus servi, j'allai manger dans un coin, tout en écoutant les échanges alentours. Les sujets de celles-ci étaient variés, mais l'un d'eux revenait fréquemment ; il s'agissait d'une vieille légende, comme il en court dans les campagnes, qui racontait qu'à minuit, le 21 avril donc, on entendait infailliblement une étrange et ténébreuse mélodie de piano, qui provenait d'une ancienne demeure dans la campagne. Elle était abandonnée depuis maintes générations, car elle jouissait d'une fort mauvaise réputation. Une tuerie s'était déroulée entre ses antiques murs, et pas une des personnes qui s'y trouvaient en réchappa. Moi, quand j'entendis cette histoire, j'en ris ; et je résolus d'aller voir dans cette maison quel mauvais plaisantin jouait ainsi, croyant pouvoir me distraire quelques heures des ennuis de ma vie monotone ; de plus, j'avais un jour d'avance sur les délais prévus pour mon travail. Je me mêlai dans à un groupe qui débattait sur les chances que la musique fût de nouveau entendu. Je souriais discrètement, et leur demandai où se trouvait cette maison hantée. Entendant ma question, ils crurent d'abord à une farce ; mais quand ils comprirent que j'étais on ne peut plus sérieux. Ils pensèrent alors que j'étais fou, mais ils m'indiquèrent tout de même son emplacement. Je les remerciai fort poliment, et partais dans la direction indiquée, sur les petites routes sombres du Morvan.

Loin au-dessus de moi, la lune pâle et pleine brillait puissamment, et éclairait ma route amplement. Elle projetait sur la végétation un voile gris et mortel, et je me surpris à chercher des formes phantasques dans les forêts qui bordaient la route. Je n'eus toutefois guère le temps de m'attarder sur ces mélancoliques visions d'arbres illuminés de la lumière lunaire, car j'atteignis bientôt la maison. Je garai alors ma voiture en bas d'une petite allée conduisant à la sombre forme de la maison se découpant sous la clarté grise de l'astre nocturne. Je grimpai quelques instants plus tard le chemin ; il était escarpé, mais il ne me fallut guère pour le gravir. Il ne fallut que quelques secondes pour que j'arrivasse devant la porte vermoulue.

Je commis alors l’acte le plus stupide de cette nuit ; ne l'eussé-je fait que j'aurais encore l'esprit serein ; pourtant je poussai la porte, qui s'ouvrit sans grande difficulté sous ma pression. J'entrai alors avec circonspection dans la vieille bâtisse au toit en pignon. A  l'intérieur, l'obscurité était dense, mais, ayant emporté une torche électrique, je ne m'en inquiétai guère. J'allumai donc ma lampe, et pénétrai plus en avant dans l'antique demeure.

Partout se voyaient des traces du carnage ; çà et là subsistaient des débris de meubles, de lampes, de papiers, la plupart de ces vestiges étant tachés de sang. Je vis même l'un des armes du crime : un poignard luisait sous la lueur de ma lampe ; il semblait encore dégouliner de sang frais.

Le cœur révulsé à cette vision, je m'en détournai. De temps à autres, je lançais un appel visant à faire sortir de sa cachette le farceur qui s'apprêtait à jouer. Je fus toutefois fort déçu, car rien ne répondit à mes cris, si ce n'est les mystérieux et lugubres craquements du parquet.

A la fin, ne trouvant l'objet de mes recherches, je me laissai choir dans sur le vieux canapé du salon. Ici, les traces de la boucherie étaient plus visible que partout ailleurs ; peut-être était-ce parce que la lumière la lune s'engouffrait plus facilement par les grandes fenêtres fracassées de l'endroit. Promenant ma lampe, je constatai que, outre les débris, les bouts de cadavres qui eussent
dus tomber depuis longtemps en putréfaction, trônaient, encore sur le clavier du piano de la salle, les mains d'un musicien que la mort trouvât probablement lorsqu'il était dans l'exercice de son art.

Fasciné, j'examinai longuement ces mains. Les taches immaculées de la lumière lunaire tombaient presque dessus, sans les toucher pour autant. Minuit sonna bientôt d'un clocher lointain; au troisième coup, la clarté de l'œil du ciel noir illumina les doigts, et au douzième, le reste des mains.

Alors, à ma grande horreur, les mains se mirent à jouer, d'abord mécaniquement, puis de plus en plus fluidement. Les rythmes de cette mélodie m'étaient inconnus, et il semblait qu'ils accélérassent peu à peu. Le chant se distingua bientôt du pandémonium de cet infernal contrepoint, et il était fort beau, bien qu'il fût étranger à tout ce qu'il y a sur Terre. Il était démoniaque et céleste, mortel et espérant. Je l'écoutai avidement, bien que je me sentisse peu à peu envahi d'une bizarre torpeur, en contradiction avec cette musique aux accents si vifs et si terribles. J'essayai vainement d'y lutter, avant de m'y laisser tomber.

Je fis alors de mystérieux rêves. Je crois qu'ils racontaient l'histoire du massacre des résidents de la maison. Oui, ça doit être cela. Je voyais sans cesse les fragments des derniers instants de la mort des derniers habitants. Chose étrange, il n'y avait d'autre son que celui de la musique merveilleuse du piano  (bien que je ne le visse pas), à l'exception de quelques morceaux de phrases : «Mon enfant! Mon enfant! Rendez-le-moi!» «Laissez-moi! Qu'avons-nous fait, par le Ciel!». De ces songes, c’est tout ce que je m’autoriserai à décrire, car leur souvenir me transperce violement, tel une aiguille à la pointe aigue et chauffée à blanc.

Les images cessèrent à mon réveil ; celui-ci survint au moment où une heure sonnait à l'église. Surpris d'avoir dormi dans ces funestes lieux, je me redressai d'un bond, et je vis alors que piano et mains avaient disparu. Interloqué, je me rapprochai de l'endroit où ils eussent dû être, croyant que l’obscurité me les dissimulait. Mais rien ne s'y trouvait.

Alors, pour une raison que j'ignore encore aujourd'hui, je me mis à crier, sans doute à cause de la morbidité des lieux et de la tension qui était alors mienne. Toujours est-il que je m'enfuyais dans la campagne en poussant des hurlements démentiels, sous le regard moqueur de la lune. Je ne me souviens guère de la course éperdue que je fisse dans les ténèbres de la nuit, loin de cette maison diabolique, si ce n'est qu'à un moment, je trébuchai sur un taillis de ronces. A ce moment, un rire effroyable retenti, venu de nulle part et de partout à la fois. Je me redressai et repris ma fuite, loin, loin dans ces collines sans fin. Par chance, j'arrivai à l'aube dans une ville des environs ; je me laissai choir sur un banc, et finis par réunir assez de courage pour appeler un taxi, et remonter vers Paris. Le lendemain, dans la vieille cité aux ruelles pavés et étroites, qui abrita dans ses toits en pignon moult artistes, je pris un long congé, prétextant une fatigue nerveuse.

Aujourd'hui, je ne sais ce qui me prit lorsque je fuyais ainsi. Je sais simplement que j'avais peur, d'une peur malsaine, poisseuse et étroite comme un filet, dont je ne me remettrai jamais complètement.

Maintenant que mon récit est terminé, j'espère qu'il servira à d'autres pour comprendre et se protéger des forces impies qui sévissent dans notre univers. Je ne sais quant à moi si je survivrai longtemps, car hier, en revenant d'une promenade, j'ai vu deux mains qui traînaient dans le fossé. Elles étaient musclées et larges comme celle d'un pianiste.

(Spécial Dédicasse Aux Pianeux du Fow':P)
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MessageSujet: Re: [NOUVELLE] Les Mains qui jouaient   Mer 5 Oct 2011 - 23:10

Aux Pianistes* DDD:
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MessageSujet: Re: [NOUVELLE] Les Mains qui jouaient   Jeu 6 Oct 2011 - 6:45

J'aime énormément ton récit. ♥
Du gore et du piano, tout ce que j'aime. *pan*
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MessageSujet: Re: [NOUVELLE] Les Mains qui jouaient   Dim 9 Oct 2011 - 17:05

Elle est trop bien ta nouvelle :D
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MessageSujet: Re: [NOUVELLE] Les Mains qui jouaient   Dim 9 Oct 2011 - 17:08

Pelage du Tonnerre attends d'avoir ta couleur avant de poster, tu vas l'avoir sous peu.
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MessageSujet: Re: [NOUVELLE] Les Mains qui jouaient   Dim 16 Oct 2011 - 1:17

Tant mieux si ça vous plait ! Je n'en suis pas vraiment fier, et en relisant, je m'aperçois que maintes fautes ont échappé à mon oeil émoussé.
A l'origine, j'avais prévu qu'il y ait un orgue et non un piano - je suis organiste, quoique que j'ai fait 7 ans de piano avant -, mais j'ai songé que le piano aurait plus de succès. De fait...
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